charles gao

Lorsque j’ai (Charles Gao) déménagé à Montréal en 2018, mon objectif était de développer ma propre méthode pour créer des œuvres plus narratives à partir de ma perspective de breaker. L’idée était d’utiliser les outils artistiques que j’avais développés au cours de mes années de breaker en tandem avec les outils théâtraux que j’étudiais, afin de découvrir ma propre forme de théâtre hip-hop. 

En 2019, j’ai commencé à travailler sur ce qui allait devenir « Welcome to the Digital Desert ». En 2020, pendant la pandémie, j’ai mis en scène une version improvisée de la pièce en plein air, dans laquelle j’ai fait jouer Johnny Abilach – un acteur et un compagnon danseur de rue. Nous sommes restés en contact depuis, dansant et échangeant souvent ensemble. Son dévouement à sa pratique de poppeur et d’acteur reflète ma propre pratique de b-boy et de dramaturge, où les deux disciplines se nourrissent l’une l’autre. Ceci nous a permis de créer notre propre langage artistique commun lorsque nous avons travaillé ensemble.

Crédit photo: Vickie Grondin

cai glover

Cai Glover est le le lauréat de l’accompagnement jumelé du CAM+MAI 2023-2024.

Projet: « Pulses of Being »

Cette œuvre se penchera sur nos formes de mouvement alors qu’elles cherchent à transformer les actions complices du langage spatial, la maîtrise du gestuel, en la transe d’un corps dansant. La phase de recherche nous verra manipuler le langage pour passer du littéral à l’abstrait et vice-versa. À quoi ressemble le mot « identité » dans ma main qui signe? Et à quoi ressemble-t-il maintenant dans mon corps dansant? Existe-t-il un entre-deux où je pourrais reconnaître une identité qui me semble authentique? Nous appliquons ici la science du discernement de la manière dont un corps amène un autre corps à se sentir, en réorientant le sujet et l’objet pour qu’ils soient dans une relation constante dépourvue de la violence de l’étiquetage identitaire qui élimine l’« autre ». La création se situe ici dans une politique du handicap et, par le biais de l’acte créatif, elle produit une esthétique du handicap. Un décentrement d’un corps qui est déjà décentré.

Biographie

En perpétuelle découverte et étude de la danse, Cai Glover s’entraîne, joue et crée depuis plus de 25 ans. De 2012 à 2022, Cai a travaillé comme interprète de danse et chorégraphe pour Cas Public et a pris part à 8 créations avec la compagnie. Plus récemment, Cai a développé sa propre expression de poésie et de langage du mouvement, mettant le corps dansant à contribution dans une quête d’expression poétique incarnée à travers la transposition du langage en mouvement sous le nom de sa compagnie, A Fichu Turning.

Crédit photo : Sasha Onyshenko

Ülfet sevdi

Ülfet Sevdi est la lauréate de l’accompagnement jumelé avec Playwrights Workshop Montréal (PWM) + MAI 2023-2024. 

Ülfet Sevdi est une écrivaine, menteuse en scène, dramaturge, artiste visuelle et praticienne du Théâtre de l’Opprimé basée à Montréal. Elle est diplômée de la Faculté des beaux-arts et du théâtre de l’Université de Mersin, en Türkiye, depuis 2001. Elle est titulaire d’une maîtrise en recherche-création obtenue dans le cadre du programme INDI de l’Université Concordia, où elle est maintenant candidate au doctorat.Son travail aborde l’histoire orale et les récits sociaux. Son approche est hautement conceptuelle, expérimentale et théoriquement ancrée dans les sciences sociales critiques. Elle a été co-fondatrice et directrice artistique de nü.kolektif (2008-2014), un collectif d’artistes multidisciplinaires basé à Istanbul et dont les performances traitent de sujets politiques. Depuis son arrivée à Montréal, elle poursuit ces démarches par le biais de Thought Experiment Productions (2015-), une compagnie de production qu’elle a également co-fondée et qu’elle co-dirige. Ses œuvres précédentes ont été financées par le Conseil des Arts du Canada, le Conseil des Arts de Montréal et la Fondation Cole. Elles ont été présentées au Brésil, au Canada, en Colombie, au Danemark, en Irlande, en Türkiye et aux États-Unis.

Motherhood, par Ülfet Sevdi

Au moment de ma mi-carrière artistique et universitaire, il y a moins de deux ans, je suis devenue mère. Je venais de terminer une thèse de maîtrise et nous étions en pleine pandémie de COVID-19. On dit qu’avoir un enfant change votre vie, mais vous ne pouvez pas le comprendre tant que cela ne vous est pas arrivé. C’est un état existentiel profond et très gratifiant, mais aussi fort exigeant. Comment faire pour continuer? Quand pourrons-nous retrouver une vie artistique normale? Notre corps de performance? Notre capacité à nous concentrer sur la lecture et l’écriture? Après presque un an de grossesse viennent les premiers mois, la première année. Le corps a changé et les contraintes – physiques, émotionnelles, psychologiques – sont partout. Le temps passe autour de nous; la vie continue. Mais l’artiste-mère ne peut pas suivre toutes les idées qu’elle a, et ne peut pas retourner à sa pratique. Cette performance mettra de l’avant la technique que j’ai développée dans ma dernière œuvre, Numbers Increase As We Count…, et que j’ai appelée « Performative Acting ». Il s’agit d’une technique basée sur des tâches spécifiques ainsi que des structures ouvertes à caractère dramaturgique. J’en ai jeté les bases dans mon mémoire de maîtrise sur la recherche-création dans le cadre du programme INDI, et je la développe actuellement dans le cadre de mes études doctorales dans le même programme. Pour ce projet, j’ai l’intention de collaborer avec différentes artistes-mères/mères-artistes issues de différentes disciplines performatives.

Crédit de photo: Mustafa Hacalaki

melinda yeoh

© Melika Dez

Melinda Yeoh est la lauréate du programme d’accompagnement jumelé 100LUX+ MAI 2023-2024. Melinda participera à la programmation annuelle 2023-2024 des soirées 100Lux.

Née à Singapour et ayant grandi dans les prairies de Calgary, en Alberta, Melinda « Melofunk » Yeoh pratique le locking depuis 12 ans. Membre du collectif LockUnity et du groupe Ingenious Lockers, elle est tombée amoureuse de ce type de danse après sa participation au Elite Locking Camp à Las Vegas en 2011. Cette expérience lui a permis d’apprendre auprès de pionnier·ère·s de la scène de la fin des années 1960 et du début des années 1970 et d’adeptes de longue date, y compris Scoo B Doo, Damita Jo et Fluky Luke. Par le suite, elle est retournée à Calgary afin de travailler à l’établissement d’une scène de locking locale à travers des performances, des cours et des sessions. En 2014, elle a déménagé à Montréal dans le but de s’entraîner avec LockUnity et de se développer en tant que lockeuse. Depuis, elle a pris part à divers jams de locking au niveau local et international tels que Bust A Move, Under Pressure, Unlock The Funk, Lock City, KOD et le Vancouver Street Dance Festival. En plus de participer à des compétitions, elle a donné des cours de locking à Montréal, et a chorégraphié et interprété des performances de locking dans des jams et des événements tels que le 100Lux Festival et la Breakin’ Convention.

Melinda cherche constamment à se développer et à trouver des moyens de faire évoluer son expression et sa pratique artistique du locking en s’entraînant dans d’autres styles de danse, y compris la claquette et le Lindy Hop.

Tangente remercie la Caisse Desjardins de la Culture et la SAQ, deux grandes héroïnes qui contribuent fidèlement au succès des activités de Tangente.

Crédit photo: Melika Dez

lynn kodeih

Lynn Kodeih est la lauréate du programme d’accompagnement jumelé VCA (Verticale Centre d’Artistes) + MAI 2023-2025. Lynn Kodeih fera partie de la programmation bisannuelle 2023-2025 de VCA 𝑻𝒓𝒂𝒋𝒆𝒄𝒕𝒐𝒊𝒓𝒆, 𝒂𝒎é𝒏𝒂𝒈𝒆𝒎𝒆𝒏𝒕 𝒆𝒕 𝒈𝒆𝒏𝒊𝒖𝒔 𝒍𝒐𝒄𝒊. 

Lynn Kodeih est née à Beyrouth et réside à Tiohtià:ke/Mooniyang/Montréal depuis 2020. Son travail se consacre aux politiques de l’image et s’intéresse aux notions d’espace, de frontière, d’errance et d’appartenance dans un monde colonial et postcolonial. Sa pratique est à la croisée de l’autothéorie, de la vidéo et de l’installation. Kodeih est titulaire d’une licence en études littéraires, d’un DES et d’une maîtrise en théâtre et en performance (Beyrouth, Liban). Son travail a été présenté dans le cadre de plusieurs expositions collectives à l’international, en l’occurrence à Kunstbanken Performance Festival (Norvège), Rotterdam Film Festival (Pays-Bas), Transart Triennial (Berlin, Allemagne), Homeworks — Ashkal Alwan, Beirut Art Center et Beirut Art Fair (Liban).

adjani poirier

Adjani Poirier est une artiste de théâtre multidisciplinaire qui se plaît à expérimenter avec l’art sonore et la radio de temps en temps. Elle s’intéresse à la création d’œuvres qui explorent l’expérience humaine dans toute sa beauté et sa laideur et apprécie particulièrement les récits qui révèlent à quel point il est complexe de naviguer dans un monde où les inégalités systémiques oppriment, mais où l’amour et les liens interpersonnels s’infiltrent dans les fissures, forts et ardents, pour nous insuffler la force de lutter et de vivre. Ses écrits font appel au réalisme magique pour explorer les idées de foyer, de désir queer et la façon dont le subconscient influence notre rapport à l’autre et à notre environnement physique. Ses pièces récentes comprennent Sinkhole (or six ways to disappear), présélectionnée pour le Tom Hendry Emerging Playwright Award de la Playwrights Guild of Canada; Scorpio Moon, présentée dans le cadre de la 2022 Queer Reading Series du Centaur Theatre; et Celebrity Dogs, présentée dans le cadre du projet national Plays2Perform@Home de Boca del Lupo. 

Avec le soutien du programme Alliance du MAI, Adjani développera sa nouvelle pièce One Spectacular Moment. Fiction historique et réalisme magique se rencontrent dans cette œuvre qui explore les liens entre la communauté noire historique d’Africville, le renouvellement urbain, le féminisme noir, la crise du logement actuelle dans les villes canadiennes et les mouvements activistes QTBIPOC des années 2010-20.

Adjani détient un diplôme de l’École nationale de théâtre du Canada, où elle a étudié l’écriture dramatique, et un baccalauréat en théâtre et développement de l’Université Concordia. Elle vit et crée actuellement dans sa ville natale de Tiohtiá:ke/Montréal.

Crédit photo: Alex Tran

mara dupas

Mara Dupas est la lauréate de l’accompagnement jumelé CAM+MAI 2023-2024.

Mara Dupas est une artiste pluridisciplinaire queer d’origine martiniquaise. Très jeune, elle s’installe à Montréal avec sa famille, où elle entame sa formation en danse. Mara perfectionne sa technique en ballet classique et en danse contemporaine à l’Académie du Ballet Métropolitain, puis à l’École de Danse Contemporaine de Montréal (2019-2022). En parallèle, elle s’initie aux danses urbaines et aux danses folkloriques haïtiennes lors de stages. Mara collabore en tant qu’interprète avec Louise Bédard (recherche chorégraphique), Charlie Prince (States of Body Produced by an Emergency) et Rhodnie Désir (Symphonie de coeurs). Ses créations chorégraphiques, qui explorent le thème du métissage, du corps afro-descendant et de la culture antillaise, ont été présentées à Montréal lors de Danses Buissonnières (Tangente Danse), du festival Vue sur la Relève et du OFFTA. Sa pratique personnelle de l’écriture l’a menée à publier plusieurs textes, notamment aux Éditions Bruno Doucey (Poésie en liberté, 2018), dans la revue Zinc (2022) et dans le magazine sur les danses actuelles Moveo (2024).

Crédit photo: Bianka Pierre

mona el husseini

Offert aux chorégraphes professionnels issus de la diversité culturelle, cet accompagnement jumelé est offert annuellement en partenariat avec le Conseil des Arts de Montréal, CAM. Le soutien vise à encourager le développement d’un artiste de la danse vivant sur le territoire Montréalais et appuyer les étapes de recherche, création et production. L’artiste sélectionné aura l’opportunité de présenter son travail au MAI dans le cadre de la programmation officielle de la saison 23-24.

Mona El Husseini est une artiste égyptienne basée à Montréal. Elle a complété des études au Cairo Contemporary Dance Center en Égypte, puis étudié le commerce international et la danse contemporaine à l’Université Concordia. Elle enseigne la barre, le pilates et la danse contemporaine à Montréal et à Cairo. Mona travaille actuellement sur un duo mère-fille intitulé Creatrix et Monday or Tuesday, une recherche solo. Son processus de création va au-delà de la danse; elle parcourt les fils tissant l’ensemble de ses différentes pratiques, notamment en arts martiaux, en peinture et en écriture. En démêlant les questions d’identité personnelle et d’héritage, Mona s’intéresse à la façon dont les histoires sont transmises, partagées et racontées par le corps à travers les générations. Elle trouve la danse dans l’endroit où l’intérieur et l’extérieur se rencontrent, où le traditionnel et le contemporain dialoguent, et dans la rencontre entre l’intime et le collectif. Creatrix est né d’une invitation à co-créer un duo de danse avec sa mère, Hala, médecin, professeure de sciences et mère de trois enfants, qui n’a pas de formation en danse. Dans ce processus, elles dansent à travers leur généalogie dans une tentative de découverte de soi et de l’autre en rencontrant ceux et celles qui les ont précédés. À l’aide de jetons, de photos et de lettres transmis de génération en génération, elles réfléchissent à leurs passés, origines et situation actuelle. Elles visitent la maison, qu’elles ont quittée, en se remémorant fluidement des souvenirs et la vivacité de leurs enfances.

tam khoa vu

Le Centre PRIM et le MAI s’unissent pour offrir un accompagnement jumelé à long terme à un artiste souhaitant expérimenter et développer ses compétences afin de créer une œuvre dans le domaine des arts médiatiques. Le PRIM met à la disposition de l’artiste ses installations et équipements de tournage pour la production d’œuvre d’art audio et vidéo, documentaire ou fiction. L’artiste sélectionné aura l’opportunité de présenter son travail au MAI dans le cadre de la programmation officielle de la saison 23-24.

Tam Khoa Vu est un artiste basé à Tiohtià:ke/Montréal . Son travail remet en question les représentations communes des identités vietnamiennes et vietnamo-canadiennes, tout en déployant de façon ludique des espaces abondants de possibilités et de nuances. Il utilise diverses formes d’arts visuels et numériques, sa pratique aborde les thèmes de la production, du pouvoir, de la représentation et de l’identité en explorant les nuances de l’espace hybride, third space,  résultant de l’expérience diasporique entre le Vietnam et le Canada.  

L’artiste a présenté publiquement des œuvres dans les cadres suivants : MAI- Projet Justice (2022), ARTCH Emerging Artists Exhibition (2021), Eastern Bloc (2016). Il a été récipiendaire de subventions d’organismes et d’institutions de financement tel que : OBORO (2022), CALQ (2022, 2021) et MAI (2022). En 2017, il a terminé son BFA à l’Université Concordia en Design and Computation Arts.

zahra buali

Peintre, graveur, sculpteur et céramiste. Du figuratif à l’abstrait, en passant par les techniques mixtes, elle travaille avec une approche à plusieurs niveaux. Zahra est d’origine arabe/persane et vit et travaille à Montréal. Elle est la fondatrice de l’Atelier Inana, où elle continue à créer et à enseigner l’art. Elle est titulaire d’un BFA de l’Université Concordia (1996), Montréal, Canada, et d’un B.Sc. de l’Université d’Arizona (1983), Tucson, Arizona, États-Unis. Elle combine médiums et techniques, défie les frontières et superpose des couches de formes, de couleurs et d’espace. Son travail est fortement lié à sa recherche constante d’identité, d’histoire culturelle et d’influences. Ses œuvres sont exposées localement et internationalement, et font partie de collections publiques et privées au Bahreïn, au Canada, en Chine, en Égypte, en Iran, en France, au Royaume-Uni, aux Émirats arabes unis, en Espagne et aux États-Unis. Une liste partielle : Musée de l’imprimerie de Shen Zhen, Shen Zhen, Chine, Bibliotheca Alexandrina, Alexandrie, Egypte, Fondation Almansouria, Jeddah, K.S.A., & Hozeh Honari, Téhéran, Iran.

Zahra a participé à plusieurs résidences d’artistes internationales et à des ateliers au Canada, aux États-Unis, en Espagne, en Chine, en Jordanie, en Iran, au Bahreïn et au K.S.A. Son projet consistera en 16 œuvres d’art et une installation vidéo, autour du thème du déplacement et du ré-enracinement. Deux triptyques sont au centre du projet : un triptyque mural à trois panneaux et un triptyque en céramique. Les 14 autres pièces sont des peintures et des techniques mixtes, dont les dimensions varient de (40 x 54 cm) à (212 x 102 cm). La vidéo, d’une durée d’environ 5 à 8 minutes, emmènera le spectateur dans un voyage viscéral à travers le processus de destruction des œuvres d’art créées et de recréation à partir de la destruction.