rayanne fawaz + chanel cheiban

Rayanne Fawaz et Chanel Cheiban sont les récipiendaires du programme d’accompagnement jumelé CAM + MAI.

Ouvert aux chorégraphes professionnel·le·s issu·e·s de la diversité culturelle, ce programme d’accompagnement annuel offert par le Conseil des arts de Montréal et le MAI (Montréal, arts interculturels) vise à favoriser le développement des artistes de la danse vivant sur le territoire montréalais et à les soutenir dans leur processus de recherche, de création et de production d’œuvre. Ce programme d’accompagnement jumelé offre aux personnes sélectionnées un ensemble de services de mentorat et de soutien, y compris une bourse de 10 000 $ et un accès aux studios de répétition du CAM et du MAI.

Les récipiendaires ont également la chance d’effectuer une résidence artistique et technique dans les studios du MAI et de présenter dans la saison 26.27.


Rayanne Fawaz est une chorégraphe, interprète et chercheuse en danse originaire du Liban, actuellement basée entre Montréal et Beyrouth. Formée en ballet classique à Beyrouth, elle est titulaire d’un baccalauréat en génie bioressources de l’Université McGill. En 2024, elle bifurque vers la danse professionnelle, développant une pratique qui explore la mémoire, la migration et les formes dansées du Levant, notamment le dabke. Elle a participé à des résidences à Beyrouth et Montréal. Son travail aborde la tradition comme matière vivante, en entrelaçant archives orales, gestes quotidiens et danses communautaires. Son intérêt pour le dabke est né de ses études sur les pratiques agricoles durables au Liban, où elle a redécouvert les gestes du quotidien à répétition dans les danses locales, questionnant alors l’origine du mouvement.

Originaire du Liban, Chanel Cheiban occupe le rôle de chorégraphe et d’interprète dans une diversité de projets artistiques à Tio’tia:ke (Montréal). Elle a obtenu un diplôme en danse contemporaine au Collège Montmorency, un CID reconnu par l’UNESCO dans la formation BIGBANG et diplômée de l’École de danse contemporaine de Montréal. ​​​Chanel pratique aussi l’art du qanun, un instrument oriental à cordes de la famille des cithares.

En janvier 2025, elle présente son œuvre multidisciplinaire El kamar bi zaher à Tangente, qu’elle chorégraphie et interprète ainsi que PLAYGROUND en 2022, en co-création avec Maude Laurin-Beaulieu. Elle fonde également Wholeness Mouvement en 2020, un projet de vidéo danse en collaboration avec Étienne de Durocher, qui lui permet de développer ses compétences comme directrice artistique, réalisatrice et en tant que monteuse vidéo autodidacte. Chanel Cheiban explore les processus de transmission culturelle, l’interactivité en danse, et les croisements entre pratiques traditionnelles et langages actuels. Elle réfléchit à comment raviver les rituels et traditions tout en créant des moments d’unions collectives et d’authenticité individuelle.


Buzur, un projet multidisciplinaire porté par Fawaz et Cheiban, se déploie à travers deux volets complémentaires : un projet documentaire et une création chorégraphique. Cette collaboration vise à créer un espace de co-création, de mémoire, de réinvention et de résistance en lien avec les réalités diasporiques et les luttes actuelles, au génocide en cours dans le Moyen-Orient, ainsi qu’au passé colonial.


 

eric leong

© Vera Oh

Eric Leong (iel/il) est un artiste queer d’origine chinoise et brunéienne qui se produit sous le nom de Komodo. Son parcours artistique a débuté par plus de dix ans de formation en piano classique au Conservatoire royal de musique, avant d’évoluer vers une pratique autodidacte de la danse, incluant la salsa, le voguing, le whacking et le burlesque. Fondateur de Paifang, une série d’événements culturels queer dans le quartier chinois de Montréal, sa pratique artistique est profondément ancrée dans la communauté et explore les thèmes du lien intergénérationnel, de la queerness et de l’identité diasporique.

« Queer Diasporic Movement : Blending Whacking & Chinese Folk Dance to Taiwanese Campus Folk Songs » est un projet de danse qui réinvente les chants folkloriques universitaires taïwanais (校園民歌) à travers le prisme de la mémoire, de la queerness et du lien intergénérationnel. Réunissant des aînés sinophones et des jeunes queer de la diaspora, cette œuvre fusionne la danse folklorique chinoise et le whacking – un style de danse queer né à Los Angeles dans les années 1970 – afin de créer un dialogue vibrant entre tradition et expression personnelle.
Écrits à l’origine par des étudiants universitaires taïwanais pendant la période de la loi martiale, les chants folkloriques universitaires mêlaient lyrisme poétique et mélodies d’inspiration folklorique. Ils se sont profondément enracinés au sein de la diaspora sinophone, transmettant des histoires d’amour, de nostalgie et de migration à travers les générations. Pour de nombreux Canadiens d’origine chinoise, ces chansons constituent un pont vers la patrie et la mémoire familiale.
Ce projet vise à explorer ces mélodies nostalgiques à travers une narration corporelle, à l’intersection de l’élégance et du symbolisme de la danse folklorique chinoise et de l’expressivité du whacking. Le résultat envisagé est une exploration chorégraphique de l’appartenance, de l’identité et de la possibilité de nouveaux avenirs culturels, honorant l’esthétique ancestrale tout en amplifiant les voix queer de la diaspora qui résonnent à travers les générations.

mithra (myth) rabel

Mithra (Myth) Rabel, interprète, chorégraphe et enseignante passionnée d’origine haïtienne, enrichit le monde de la danse de Tiohtià:ke/Montréal depuis plus de 20 ans. Son parcours artistique a débuté sur la scène salsa, où elle a perfectionné sa technique et s’est distinguée parmi ses pairs. Sa passion pour le mouvement l’a ensuite dirigée vers la house dance, devenant une figure emblématique de la communauté de danse de rue. Pendant plus d’une décennie, elle a enflammé les pistes de danse et transmis sa passion par l’enseignement, apprenant des plus grands noms de la scène internationale pour façonner son art avec grâce et innovation.

Son projet « Speakeasy » est une introspection profonde inspirée par la house dance, fusionnant harmonieusement danse, musique et poésie. Dans cette œuvre, Mithra remet en question la mémoire corporelle et son rôle dans la construction de l’avenir. Elle invite les spectateurs à plonger avec elle dans l’essence de l’existence et de l’expression artistique, offrant une expérience captivante et émotionnelle. La première étape de ce projet, d’une durée de 10 minutes, a été présentée lors des Soirées 100lux en mars dernier à Tangente. Elle a été reçue avec beaucoup d’enthousiasme et a suscité un désir du public d’en voir davantage.

catch step

© Victoria Mackenzie

Catch Step est le lauréat de l’accompagnement jumelé CAM+MAI 24.25.

Catch Step est un groupe d’artistes formé en 2022 par Anais Chloé Gilles/RISE, Delande « Junior » Dorsaint/Djüngle et Victoria Mackenzie/VicVersa. Ce groupe représente de multiples intérêts et expériences dans le domaine de la danse de rue. Après avoir interprété Never Not Moving, gagné les Montreal Hip Hop Games et participé aux International Hip Hop Games à Lille, en France, Catch Step a été invité à présenter un spectacle complet au Théâtre La Chapelle pour la saison 2024/2025.

Pour leur prochain spectacle complet intitulé « Catch Step HYA remix feat. Lunice », le collectif travaillera avec le chorégraphe invité Handy Yacinthe/HYA et l’artiste Lunice. Ce projet soutient les intérêts de divers artistes de la diaspora haïtienne en tant qu’interprètes et créateur.trice.s. Les pratiques de danse des artistes impliqués sont ancrées dans les formes de danse afro-descendantes, en particulier la danse de rue.

manon scialfa + alice jackson

Manon Scialfa est une danseuse, poète et artiste PANDC qui s’est installée à Montréal en 2021. Elle a commencé sa formation en danse moderne, néoclassique et contemporaine à la New Orleans Ballet Association (NOBA). Grâce à son exposition à un large éventail de processus et de répertoires artistiques, son style se définit comme étant fusionnel et polyvalent. Elle est particulièrement influencée par son travail avec le style afro-contemporain de Ron K. Brown/EVIDENCE et son initiation à la danse afro-cubaine avec Rebecca Bliss. Manon a poursuivi sa formation en danse à Montréal, où elle s’est jointe à la cohorte 2021-2024 de l’École de danse contemporaine de Montréal. Son art reflète son identité multiculturelle, son amour pour le partage d’histoires et sa croyance en un bonheur radical au sein des climats sociaux et politiques dans lesquels nous vivons.

Alice Jackson est une artiste multidisciplinaire hispano-américaine basée à Montréal. Elle a suivi une formation en jazz, tap, ballet, danse moderne et théâtre à la Performing Arts Factory, au Maryland. Elle a été exposée dès son plus jeune âge à la musique jazz, au cinéma et à l’histoire, ce qui a inspiré son style audacieux et expressif et développé sa sensibilité rythmique. En 2014, elle s’installe à Montréal et reçoit le mentorat de Bibiman en Popping, s’entraîne en House avec Dazl – des maîtres dans leur art – et participe à des battles de street dance. Elle continue de développer sa polyvalence, en reconnaissant toujours les créateurs et les fondateurs de l’art qui l’inspire, et en s’engageant à respecter l’intégrité artistique par le biais d’une éducation et d’une orientation appropriées.

Fourth Culture est le prolongement naturel de leur travail d’équipe, dans lequel Manon apporte une vision narrative créative et Alice pousse l’expression physique et technique. Liées par des styles de danse, des expériences performatives et des origines culturelles similaires, elles partagent une curiosité et une appréciation pour l’histoire de la danse et les contributions de la culture noire à l’art. Dans un esprit de témoignage et de soutien mutuel, leur mission est d’étudier le jazz vernaculaire, le swing, la house et la dramaturgie afin de développer une signature créative qui dépasse les frontières de la danse contemporaine, de la danse sociale et du conte avec une profonde compréhension historique et une conscience socio-politique.

gabriela jovian-mazon

Enfant, Gabriela Jovian-Mazon s’initie à la danse folklorique mexicaine dans sa ville natale de Mississauga, en Ontario, et participe à des compétitions de jazz, de ballet et de comédie musicale. Après avoir déménagé à Montréal pour y étudier, elle a découvert la danse de rue et s’est orientée vers le hip-hop, le house, le break et se spécialise maintenant dans le whacking. Fascinée par les différents styles de danse, elle s’est entraînée seule en vue de poursuivre une carrière de danseuse après avoir obtenu son baccalauréat en génie civil. Depuis, elle a joué dans des publicités, des vidéoclips, des pièces de théâtre, des comédies musicales et des festivals. Elle est adepte des battles et a été finaliste au battle Creative Boost 2021 à la Place des Arts.

Son travail de chorégraphe est réputé comme étant excentrique, théâtral et funky, ce qui témoigne de sa formation diversifiée. En 2020, Gabriela a réalisé la chorégraphie de MOON, une installation d’art numérique en plein air financée par la Ville de Montréal. Elle a également complété le projet #dailygabyj, pour lequel elle a créé 365 vidéos de danse de 30 à 60 secondes. En 2021, elle a présenté sa première courte vidéo de danse Playtime pour Bouge d’Ici et a co-chorégraphié Seul·e·s Ensemble : Club Edition dans le cadre du Festival Fringe de Montréal.

Dans sa pratique, elle aborde la santé mentale et la représentation de soi en utilisant l’espace et les objets par le biais de personnages, de l’humour, de la narration et du whacking. Gabriela est une artiste émergente originale, polyvalente et théâtrale, et elle est enthousiaste à l’idée de continuer à découvrir le monde créatif.

INNOCENCE

Innocence est un court-métrage de whacking inspiré par les jeux de société et les films de type « meurtre et mystère ». Il entend mettre en lumière la narration, le caractère dramatique et l’individualité des personnalités du whacking, un style de danse de la fin des années 1960 inspiré de l’âge d’or d’Hollywood, des dessins animés et de la musique disco. 

Ma recherche aborde l’interaction entre les personnages et la narration à travers le whacking et la création d’un jeu en direct, où les danseur·se·s et les membres du public suivent des règles pour découvrir le ou la « coupable ». Comme aux échecs, chaque personnage a sa propre façon de bouger, ses propres maniérismes, actions, poses et mouvements. Il y a de la tension, du drame et un peu d’humour.

En 2022, en collaboration avec jusqu’à 7 danseur·se·s, j’ai créé une vidéo de danse de 2 minutes, ainsi que présenté une pièce de 3 minutes lors de la vitrine chorégraphique Articien et une pièce de 15 minutes à l’Art-fullness Whacking Festival sur ce même thème. Grâce au programme Alliance, Innocence bénéficiera d’un mentorat en jazz vernaculaire, en mime et en techniques cinématographiques qui me permettra d’enrichir ma pratique du whacking et de la chorégraphie. Ce soutien permettra l’atteinte du niveau de compétence et de talent artistique désiré pour donner vie à ce film.

Crédit photo: David Jouary

charles gao

Lorsque j’ai (Charles Gao) déménagé à Montréal en 2018, mon objectif était de développer ma propre méthode pour créer des œuvres plus narratives à partir de ma perspective de breaker. L’idée était d’utiliser les outils artistiques que j’avais développés au cours de mes années de breaker en tandem avec les outils théâtraux que j’étudiais, afin de découvrir ma propre forme de théâtre hip-hop. 

En 2019, j’ai commencé à travailler sur ce qui allait devenir « Welcome to the Digital Desert ». En 2020, pendant la pandémie, j’ai mis en scène une version improvisée de la pièce en plein air, dans laquelle j’ai fait jouer Johnny Abilach – un acteur et un compagnon danseur de rue. Nous sommes restés en contact depuis, dansant et échangeant souvent ensemble. Son dévouement à sa pratique de poppeur et d’acteur reflète ma propre pratique de b-boy et de dramaturge, où les deux disciplines se nourrissent l’une l’autre. Ceci nous a permis de créer notre propre langage artistique commun lorsque nous avons travaillé ensemble.

Crédit photo: Vickie Grondin

cai glover

Cai Glover est le le lauréat de l’accompagnement jumelé du CAM+MAI 2023-2024.

Projet: « Pulses of Being »

Cette œuvre se penchera sur nos formes de mouvement alors qu’elles cherchent à transformer les actions complices du langage spatial, la maîtrise du gestuel, en la transe d’un corps dansant. La phase de recherche nous verra manipuler le langage pour passer du littéral à l’abstrait et vice-versa. À quoi ressemble le mot « identité » dans ma main qui signe? Et à quoi ressemble-t-il maintenant dans mon corps dansant? Existe-t-il un entre-deux où je pourrais reconnaître une identité qui me semble authentique? Nous appliquons ici la science du discernement de la manière dont un corps amène un autre corps à se sentir, en réorientant le sujet et l’objet pour qu’ils soient dans une relation constante dépourvue de la violence de l’étiquetage identitaire qui élimine l’« autre ». La création se situe ici dans une politique du handicap et, par le biais de l’acte créatif, elle produit une esthétique du handicap. Un décentrement d’un corps qui est déjà décentré.

Biographie

En perpétuelle découverte et étude de la danse, Cai Glover s’entraîne, joue et crée depuis plus de 25 ans. De 2012 à 2022, Cai a travaillé comme interprète de danse et chorégraphe pour Cas Public et a pris part à 8 créations avec la compagnie. Plus récemment, Cai a développé sa propre expression de poésie et de langage du mouvement, mettant le corps dansant à contribution dans une quête d’expression poétique incarnée à travers la transposition du langage en mouvement sous le nom de sa compagnie, A Fichu Turning.

Crédit photo : Sasha Onyshenko

melinda yeoh

© Melika Dez

Melinda Yeoh est la lauréate du programme d’accompagnement jumelé 100LUX+ MAI 2023-2024. Melinda participera à la programmation annuelle 2023-2024 des soirées 100Lux.

Née à Singapour et ayant grandi dans les prairies de Calgary, en Alberta, Melinda « Melofunk » Yeoh pratique le locking depuis 12 ans. Membre du collectif LockUnity et du groupe Ingenious Lockers, elle est tombée amoureuse de ce type de danse après sa participation au Elite Locking Camp à Las Vegas en 2011. Cette expérience lui a permis d’apprendre auprès de pionnier·ère·s de la scène de la fin des années 1960 et du début des années 1970 et d’adeptes de longue date, y compris Scoo B Doo, Damita Jo et Fluky Luke. Par le suite, elle est retournée à Calgary afin de travailler à l’établissement d’une scène de locking locale à travers des performances, des cours et des sessions. En 2014, elle a déménagé à Montréal dans le but de s’entraîner avec LockUnity et de se développer en tant que lockeuse. Depuis, elle a pris part à divers jams de locking au niveau local et international tels que Bust A Move, Under Pressure, Unlock The Funk, Lock City, KOD et le Vancouver Street Dance Festival. En plus de participer à des compétitions, elle a donné des cours de locking à Montréal, et a chorégraphié et interprété des performances de locking dans des jams et des événements tels que le 100Lux Festival et la Breakin’ Convention.

Melinda cherche constamment à se développer et à trouver des moyens de faire évoluer son expression et sa pratique artistique du locking en s’entraînant dans d’autres styles de danse, y compris la claquette et le Lindy Hop.

Tangente remercie la Caisse Desjardins de la Culture et la SAQ, deux grandes héroïnes qui contribuent fidèlement au succès des activités de Tangente.

Crédit photo: Melika Dez

mara dupas

Mara Dupas est récipiendaire de l’accompagnement jumelé CAM+MAI 2023-2024.

Mara Dupas est un artiste pluridisciplinaire dont la pratique navigue entre écriture, danse, création chorégraphique et conseil au mouvement sur le territoire de Tio’tia:ke / Mooniyang (Montréal). À travers une approche intime, critique et sensorielle, iel explore les liens entre corps, mémoire et récit. Ses créations s’ancrent dans les vécus afro-descendants et queer, s’inspirant d’archives et de la culture populaire.

Au fil des dernières années, iel a conçu une série de performances solo : Olympia 2.0 et Dépi temps, diffusés par Tangente Danse puis en tournée à travers le Québec, ainsi que la pièce FANM, présentée lors du festival Phénoména et du OFFTA (2023). Son projet II. FTG, un spectacle entre son et mouvement conçu comme un listening party, a été présenté par le MAI en janvier 2026 dans le cadre du programme d’accompagnement Alliance. Publiés dans le magazine moveo, la revue Zinc et la revue Moebius, ses textes prolongent la recherche d’un langage métissé.

 

Crédit photo : Valérie Gassien