mohamed ben soltane

Artiste visuel, commissaire d’exposition et directeur artistique originaire de Tunisie, Mohamed Ben Soltane vit et travaille à Montréal depuis 2022. Formé aux Beaux-Arts de Tunis, il y a également enseigné l’histoire de l’art et dirigé le BAC Art Center, reconnu pour sa programmation engagée et transdisciplinaire. Sa pratique artistique, nourrie par les études postcoloniales, la mémoire et la critique sociale, oscille entre mosaïque, photographie, installation et écriture plastique.

Pour sa nouvelle création « Glitch in Arabic », Mohamed explore un phénomène aussi discret que révélateur : les déformations visuelles qui apparaissent lorsque la langue arabe est mal interprétée par les logiciels informatiques. Ces « glitchs » – lettres séparées, sens inversé,
typographies corrompues – deviennent ici des fragments poétiques et politiques, détournés en installations visuelles.

À travers ce projet, l’artiste interroge les formes de domination symbolique invisibles à l’œil nu, mais bien réelles dans les environnements numériques. « Glitch in Arabic » fait dialoguer traditions artisanales et technologies contemporaines, tout en réaffirmant l’importance d’une souveraineté numérique dans un monde divisé.

amaralina ramalho alvarez

© Vladim Villain

Amaralina Ramalho Alvarez est une artiste multidisciplinaire qui vit et travaille à Tiohtià:ke/Mooniyang/Montréal. Son travail explore la dimension politique de l’éphémère et de la transmission, en interrogeant les rapports entre temps, mémoire et corps. Elle a participé à plusieurs expositions collectives, dont Souviens-toi de nous quand tu regardes, réalisée en partenariat avec le LABARD et le Centre culturel Georges-Vanier. Son travail a également été présenté au festival RIPA — Performance actuelle, dans le cadre d’un projet d’art public mené avec la Ville de Chambly, ainsi qu’à la 8e édition du festival artch à la Place Ville Marie. En 2027, elle présentera sa première exposition solo au Centre culturel Georges-Vanier. Amaralina travaille également comme illustratrice et médiatrice culturelle et complète présentement ses études en arts visuels et médiatiques à l’Université du Québec à Montréal.

Son projet aborde les continuités des dynamiques coloniales à travers les systèmes agricoles passés et contemporains, en mettant en parallèle la commercialisation des fruits tropicaux – notamment ceux issus d’Amérique Latine – et les dynamiques du commerce et de l’agriculture locale.
Il se déploie en trois volets interconnectés : une recherche en archives, une résidence en milieu agricole et l’activation d’un chariot de fruits détourné, pensé comme espace mobile de création, de médiation et de résistance poétique.

abeer dagher esber

Abeer Dagher Esber est une écrivaine et cinéaste syrienne établie à Montréal. Sa pratique multidisciplinaire relie la littérature, le cinéma et l’art visuel, explorant la manière dont la mémoire, l’exil et l’architecture s’entrelacent pour façonner l’identité personnelle et collective. Diplômée en littérature anglaise de l’Université de Damas, elle est l’autrice de plusieurs romans en arabe — dont Freefall (حر سقوط (et Inheritors of Silence (الصمت ورثة— ( et a travaillé dans la production cinématographique et télévisuelle à Damas, à Beyrouth et à Montréal.
Son projet actuel, The Ninth Step, est un long métrage hybride qui combine la fiction, le documentaire et l’esthétique du photo-roman. Situé entre Damas et Montréal, le film suit une femme qui reconstruit les fragments de son passé — amour, trahison et disparition — à travers l’architecture des deux villes. En utilisant la photographie fixe, la voix off et un paysage sonore stratifié, The Ninth Step explore comment l’espace urbain devient une archive du trauma et du désir, et comment l’acte de se souvenir devient une forme de survie.
Floutant les frontières entre le témoignage personnel et l’essai cinématographique, le travail d’Abeer Dagher Esber poursuit son exploration des géographies fragiles de l’appartenance, interrogeant la manière dont la mémoire habite à la fois le corps et la ville.

sam lee

Sam Lee (il/lui) est un photographe et documentariste coréen-canadien qui vit et travaille à Montréal. Par des investigations visuelles du bizarre et du surréel dans la vie quotidienne, il explore les concepts de mémoire collective et de nostalgie, souvent à travers une lentille diasporique. Il préfère les procédés photographiques traditionnels, en prenant principalement des photos sur film négatif couleur de moyen et grand format et en réalisant des impressions optiques dans sa chambre noire couleur. Sam a été sélectionné pour participer à la cohorte 2024 d’ARTCH. En 2025, il présentera sa première exposition personnelle à la Galerie Ascent du Centre Civique d’Etobicoke. Son travail a été présenté, publié et financé par divers organismes artistiques montréalais.

leah evangelista woolner

Leah Evangelista Woolner est une artiste visuelle philippino-canadienne et une organisatrice communautaire. Sa pratique artistique explore les thèmes de l’appartenance, du désir, de la narration et des relations avec le monde naturel par le biais de la peinture, du collage mixte et de l’installation vidéo. Leah continue à (dés)apprendre et à être inspirée par ses relations avec les communautés diasporiques et les êtres inter-espèces. Elle est titulaire d’un baccalauréat en beaux-arts de l’Université Concordia (2012) et vit à Tiohtià ke/Mooniyang (Montréal).

Son projet explore les matériaux, les symboles et les représentations picturales des textiles tissés aux Philippines. À travers sa pratique artistique, Leah plonge avec curiosité dans les pratiques incarnées, la mémoire culturelle et les relations écologiques illustrées par le contenu et les matériaux des tissus qu’elle utilise.

nicolas fattouh

Nicolas Fattouh est un artiste de théâtre, artiste visuel et réalisateur d’animation émergent qui a récemment déménagé de Monsef, au Liban, à Montréal, au Canada. Il a participé à plus de 30 expositions d’art et ventes aux enchères locales et internationales avec ses peintures, sculptures et installations, y compris à Bonhams (Londres) en 2016.

L’amour de Nicolas pour le théâtre a commencé à l’âge de 8 ans lorsqu’il a mis en scène de petites pièces avec l’aide de ses sœurs et de ses ami-es d’école, et les a jouées devant parents et voisin·es dans son jardin. Passionné par la narration et le dessin, il poursuit sa formation en animation 2D/3D à l’Académie Libanaise des Beaux-Arts et obtient un master (premier de sa promotion) en 2017.

En 2021, Nicolas fait ses débuts dans le milieu théâtral avec sa première pièce hybride professionnelle, « Living with a Piece of Furniture », qui vise à marquer l’histoire en aidant sa grand-mère de 95 ans à devenir la présidente la plus âgée de la Sororité de l’Immaculée Conception de son village. La pièce a été sélectionnée dans de nombreux festivals, notamment le Zoukak Sidewalks Festival (Beyrouth) en décembre 2022 et le Zürcher Theater Spektakel (Suisse) en août 2023.

transpacific express

Après s’être rencontrés en Chine dans le cadre d’un programme d’échange linguistique de McGill, Elsasoa Jousse et Frantz Lin ont créé Transpacific Express (TE) motivés par leur intérêt mutuel pour les mouvements de solidarité asiatiques et afro-américains des années 60 et pour le hip-hop asiatique. TE perpétue l’esprit de ces prédécesseurs historiques en célébrant et en créant des liens entre les cultures des jeunes PANDC du monde entier. Le collectif a commissarié son premier événement musical à l’automne 2019, accompagné de discours inauguraux de la part de spécialistes des médias asiatiques globaux. Ce faisant, TE met en avant son approche sincère et sérieuse d’une culture pop profondément informée par les études médiatiques et culturelles.

Transpacific Express est composé de El, Frantz et Celia Benhocine, musicien·nes de longue date formé·es en classique, jazz et r&b. Au cours des cinq années qui ont suivi sa création, TE s’est intégré dans le milieu culturel montréalais en réalisant des œuvres commandées dans le domaine de la curation musicale et de la performance pour le MAI, le Festival Accès Asie, YATAI MTL, POCHA MTL, le Korea And The Youth Culture Festival et le Festival international de documentaires des RIDM. Ces performances ont tout autant pris la forme de DJ sets, avec MC et chant, que de conférences d’artistes sur l’histoire de la musique. TE cherche lors de ses événements à intégrer à la fois son et image, complémentant le DJ par un VJ aux visuels figuratifs de style « anime ».

Actuellement, TE cherche à développer davantage sa capacité d’expression visuelle incarnée en vue de construire une pratique médiatique plus interdisciplinaire, ajoutant à la musique qui est sa principale discipline. Ce faisant, le collectif vise à amplifier son approche singulière de la culture pop mondiale, qui met l’accent sur les convergences mutuelles entre musique et danse de la communauté Noire de l’Atlantique et culture visuelle de l’Asie de l’Est. Transpacific Express cherche ainsi à rompre avec les perceptions cloisonnées de son travail comme étant au service d’une seule et unique communauté démographique.

sonia reboul

Sonia Reboul est une artiste multidisciplinaire franco-canadienne installée à Tiohtià:ke/ Montréal. Pendant 12 ans, elle développe un corpus artistique de manière autodidacte en marge d’une carrière en communication. En 2019, elle entame un Bac en arts visuels à l’université Concordia afin de se perfectionner. Depuis, les projets artistiques se multiplient : elle obtient trois bourses de l’université; est sélectionnée pour des résidences et expositions notamment par le Centre d’art Jacques-et-Michel-Auger (Carré 150), La Centrale galerie Powerhouse, Art Matters, Art Souterrain, la galerie VAV, Nouaisons, l’université de Montréal. Ses dessins sont retenus dans le cadre de plusieurs initiatives : les encans de la quarantaine, la collecte COVID organisée par Sale Caractère, le magazine l’Organe. Différents blogs s’intéressent également à son travail (Jano Lapin, Yellow Pad Sessions, The Unicorn Factory, The Soul Food).

Dialogues résulte de l’exploration de techniques traditionnelles de tissage avec de fines chaînes de métal issues de bijoux fantaisie seconde main. 

Ces bijoux ont subi une transformation s’apparentant à un rituel hommage aux personnes qui les ont portés : lavés, séchés, puis démantelés, les maillons sont réassemblés en chaînes classées par tailles et couleurs, puis tissés pour former de petits échantillons rectangulaires. Ces chaînes, témoins d’une première vie, incarnent de multiples histoires personnelles, symbolisant la diversité des liens humains. Le dialogue entre les matériaux reflète la complexité des relations, oscillant entre flexibilité et rigidité, force et fragilité, préciosité et banalité. La nature glissante et insaisissable de la chaînette souligne les subtilités des interactions humaines. Au-delà de l’ornement, « Dialogues » suggère une armure métaphorique en cotte de mailles, évoquant les interactions sociales en période de confinement. L’œuvre, réalisée avec des bijoux bon marché, interroge la qualité des liens humains dans une culture de la consommation jetable, mettant en lumière les aspects sociaux et écologiques négligés.

Dialogues s’insère également dans une démarche sociale et locale puisque les matériaux proviennent du magasin du Chaînon, dont la mission depuis 1932 est de venir en aide aux femmes en difficulté : au total, c’est plus de 400$ de bijoux qui ont été achetés à l’association.


Ce projet a été présenté dans le cadre d’une exposition individuelle à La Centrale galerie Powerhouse et de l’exposition collective Creative Re-use: Ø Waste C.R.Ø.W. Il a reçu le soutien de la Bourse de la Fine Arts Student Alliance de l’université de Concordia.

Étape du projet : 

À date, une première série d’échantillons a été réalisée et représente une surface de 3 780cm2 de tissage (l’équivalent d’un patchwork de 62cm par 62cm).

Mon objectif ultime serait de tisser l’équivalent d’une surface de 124 cm x 180 cm afin de pouvoir les assembler dans une grande courtepointe de la taille d’une couverture. Ceci requiert six fois plus de matériaux que je n’en possède actuellement. J’aimerais également réaliser le moulage de corps entier qui servirait de support de présentation à cette courtepointe. 

Plus d’information sur Dialogues : https://soniareboul.com/Dialogues

Crédit de photo: Sonia Reboul

roberto santaguida

Depuis la fin de ses études en production cinématographique à l’Université Concordia, les vidéos et films de Roberto Santaguida ont été présentés dans plus de 400 festivals internationaux, dont le Festival du film de Tampere (Finlande), le Festival international du film documentaire de Copenhague ou CPH: DOX (Danemark), le Festival d’art contemporain Sesc_Videobrasil (Brésil), le Festival international du film de Rhode Island (États-Unis), Transmediale (Allemagne) et Message to Man (Russie). Il a également participé à des résidences d’artistes dans de nombreux pays, notamment en Iran, en Roumanie, en Allemagne, en Norvège et en Australie. Roberto est le récipiendaire du K.M. Hunter Artist Award et d’une bourse de l’Akademie Schloss Solitude en Allemagne.

Description de projet: Methods of Coping

Je vais entreprendre une recherche sur Methods of Coping – les techniques et les processus utilisés par les artistes qui font face à des défis personnels. Je m’engagerai dans une forme de dialogue coopératif avec les consultant·e·s, en posant des questions et en y répondant pour faire émerger des idées sous-jacentes. Un domaine d’intérêt que j’examinerai avec le groupe est l’idée de témoigner de ses propres forces intérieures au lieu d’essayer de les ignorer et de s’en détourner.

Crédit photo: Yasemin Ergin

marwan sekkat

Marwan Sekkat est un artiste interdisciplinaire franco-marocain résidant au Québec. La simulation, le vivant, le détournement, l’erreur et l’absurde sont au cœur de ses préoccupations. Si le numérique n’est pas au centre du propos, il est son meilleur allié et outil pour questionner notre (son) monde contemporain. Ainsi, ses médiums oscillent entre installation, création de visuels en temps réel, rap, simulation, réalité virtuelle, glitch, VJing et détournement. Ses récents travaux s’intéressent à la mise en espace d’installations qui interrogent les notions de temps, de modernité et de progrès. De la même manière qu’un jeu vidéo nous présente une simulation de la réalité, il tente de réaliser des simulacres du réel en dissimulant le numérique grâce à des techniques artisanales comme l’ébénisterie, le travail textile ou la botanique. Fasciné par l’expérimental, il espère avec ses œuvres, offrir un moment de sensibilité au public. Le projet “Transmission” est un état des lieux de son travail de recherche-création autour des questions de l’intime et de la transmission intrafamiliale. En confrontant sa pratique artistique à des pratiques artisanales marocaines, il cherche à questionner et à déconstruire son rapport à son identité. Ces travaux évoquent la transmission intergénérationnelle, l’héritage culturel, et la question de la trace.

Site web : marwansekkat.art
Crédit photo : Chris Mackenzie, prises dans le cadre des résidences Jano Lapin.