laura caraballo

© Felipe Velasco

Laura Caraballo est une artiste interdisciplinaire née à Bacatá [Bogotá] et basée à Tiohtià:ke [Montréal]. Son travail explore l’utilisation de la technologie pour réinventer et créer des espaces interactifs et sensoriels, physiques et virtuels, qui représentent les communautés et les engagent dans des conversations significatives. Elle s’intéresse particulièrement à la manière dont nous façonnons les espaces que nous habitons et dont nous sommes façonnés par eux, dans un contexte temporel, tout en explorant les thèmes du foyer, de la mémoire et de la conscience.

Profondément influencée par son enfance à Bogotá, Laura intègre la satire et l’esthétique grunge à son travail afin de traiter ses émotions et ses expériences. Son séjour à Montréal a également marqué sa carrière, l’encourageant à adopter une approche audacieuse des esthétiques expérimentales et des récits non conventionnels.

Laura travaille avec diverses formes d’art numérique, notamment la sculpture 3D, la réalité virtuelle et les installations multimédias, l’expérimentation étant au cœur de sa pratique. Elle considère l’art numérique comme un outil puissant de transmission, de résilience et de préservation culturelle, en particulier pour les personnes issues de la diaspora, créant ainsi des espaces accessibles de connexion et de partage des connaissances.

Dans le cadre de la résidence PRIM | MAI, Laura souhaite développer son prochain projet, « Tributo A un Perro Libre », une installation audiovisuelle à deux canaux et deux voix explorant l’interaction dynamique entre le TDAH et le courage dans le contexte de l’immigration.

« Tributo A un Perro Libre » raconte l’histoire d’un chien plein de rêves. Un chien né dans un monde impitoyable. Mais ce chien ne mord pas. Ce chien a un TDAH. Incompris. Déplacé. Débordant d’amour. Débordant de peur. Mais surtout, toujours un chien libre.

rayanne fawaz + chanel cheiban

Rayanne Fawaz et Chanel Cheiban sont les récipiendaires du programme d’accompagnement jumelé CAM + MAI.

Ouvert aux chorégraphes professionnel·le·s issu·e·s de la diversité culturelle, ce programme d’accompagnement annuel offert par le Conseil des arts de Montréal et le MAI (Montréal, arts interculturels) vise à favoriser le développement des artistes de la danse vivant sur le territoire montréalais et à les soutenir dans leur processus de recherche, de création et de production d’œuvre. Ce programme d’accompagnement jumelé offre aux personnes sélectionnées un ensemble de services de mentorat et de soutien, y compris une bourse de 10 000 $ et un accès aux studios de répétition du CAM et du MAI.

Les récipiendaires ont également la chance d’effectuer une résidence artistique et technique dans les studios du MAI et de présenter dans la saison 26.27.


Rayanne Fawaz est une chorégraphe, interprète et chercheuse en danse originaire du Liban, actuellement basée entre Montréal et Beyrouth. Formée en ballet classique à Beyrouth, elle est titulaire d’un baccalauréat en génie bioressources de l’Université McGill. En 2024, elle bifurque vers la danse professionnelle, développant une pratique qui explore la mémoire, la migration et les formes dansées du Levant, notamment le dabke. Elle a participé à des résidences à Beyrouth et Montréal. Son travail aborde la tradition comme matière vivante, en entrelaçant archives orales, gestes quotidiens et danses communautaires. Son intérêt pour le dabke est né de ses études sur les pratiques agricoles durables au Liban, où elle a redécouvert les gestes du quotidien à répétition dans les danses locales, questionnant alors l’origine du mouvement.

Originaire du Liban, Chanel Cheiban occupe le rôle de chorégraphe et d’interprète dans une diversité de projets artistiques à Tio’tia:ke (Montréal). Elle a obtenu un diplôme en danse contemporaine au Collège Montmorency, un CID reconnu par l’UNESCO dans la formation BIGBANG et diplômée de l’École de danse contemporaine de Montréal. ​​​Chanel pratique aussi l’art du qanun, un instrument oriental à cordes de la famille des cithares.

En janvier 2025, elle présente son œuvre multidisciplinaire El kamar bi zaher à Tangente, qu’elle chorégraphie et interprète ainsi que PLAYGROUND en 2022, en co-création avec Maude Laurin-Beaulieu. Elle fonde également Wholeness Mouvement en 2020, un projet de vidéo danse en collaboration avec Étienne de Durocher, qui lui permet de développer ses compétences comme directrice artistique, réalisatrice et en tant que monteuse vidéo autodidacte. Chanel Cheiban explore les processus de transmission culturelle, l’interactivité en danse, et les croisements entre pratiques traditionnelles et langages actuels. Elle réfléchit à comment raviver les rituels et traditions tout en créant des moments d’unions collectives et d’authenticité individuelle.


Buzur, un projet multidisciplinaire porté par Fawaz et Cheiban, se déploie à travers deux volets complémentaires : un projet documentaire et une création chorégraphique. Cette collaboration vise à créer un espace de co-création, de mémoire, de réinvention et de résistance en lien avec les réalités diasporiques et les luttes actuelles, au génocide en cours dans le Moyen-Orient, ainsi qu’au passé colonial.


 

eric leong

© Vera Oh

Eric Leong (iel/il) est un artiste queer d’origine chinoise et brunéienne qui se produit sous le nom de Komodo. Son parcours artistique a débuté par plus de dix ans de formation en piano classique au Conservatoire royal de musique, avant d’évoluer vers une pratique autodidacte de la danse, incluant la salsa, le voguing, le whacking et le burlesque. Fondateur de Paifang, une série d’événements culturels queer dans le quartier chinois de Montréal, sa pratique artistique est profondément ancrée dans la communauté et explore les thèmes du lien intergénérationnel, de la queerness et de l’identité diasporique.

« Queer Diasporic Movement : Blending Whacking & Chinese Folk Dance to Taiwanese Campus Folk Songs » est un projet de danse qui réinvente les chants folkloriques universitaires taïwanais (校園民歌) à travers le prisme de la mémoire, de la queerness et du lien intergénérationnel. Réunissant des aînés sinophones et des jeunes queer de la diaspora, cette œuvre fusionne la danse folklorique chinoise et le whacking – un style de danse queer né à Los Angeles dans les années 1970 – afin de créer un dialogue vibrant entre tradition et expression personnelle.
Écrits à l’origine par des étudiants universitaires taïwanais pendant la période de la loi martiale, les chants folkloriques universitaires mêlaient lyrisme poétique et mélodies d’inspiration folklorique. Ils se sont profondément enracinés au sein de la diaspora sinophone, transmettant des histoires d’amour, de nostalgie et de migration à travers les générations. Pour de nombreux Canadiens d’origine chinoise, ces chansons constituent un pont vers la patrie et la mémoire familiale.
Ce projet vise à explorer ces mélodies nostalgiques à travers une narration corporelle, à l’intersection de l’élégance et du symbolisme de la danse folklorique chinoise et de l’expressivité du whacking. Le résultat envisagé est une exploration chorégraphique de l’appartenance, de l’identité et de la possibilité de nouveaux avenirs culturels, honorant l’esthétique ancestrale tout en amplifiant les voix queer de la diaspora qui résonnent à travers les générations.

mohamed ben soltane

Artiste visuel, commissaire d’exposition et directeur artistique originaire de Tunisie, Mohamed Ben Soltane vit et travaille à Montréal depuis 2022. Formé aux Beaux-Arts de Tunis, il y a également enseigné l’histoire de l’art et dirigé le BAC Art Center, reconnu pour sa programmation engagée et transdisciplinaire. Sa pratique artistique, nourrie par les études postcoloniales, la mémoire et la critique sociale, oscille entre mosaïque, photographie, installation et écriture plastique.

Pour sa nouvelle création « Glitch in Arabic », Mohamed explore un phénomène aussi discret que révélateur : les déformations visuelles qui apparaissent lorsque la langue arabe est mal interprétée par les logiciels informatiques. Ces « glitchs » – lettres séparées, sens inversé,
typographies corrompues – deviennent ici des fragments poétiques et politiques, détournés en installations visuelles.

À travers ce projet, l’artiste interroge les formes de domination symbolique invisibles à l’œil nu, mais bien réelles dans les environnements numériques. « Glitch in Arabic » fait dialoguer traditions artisanales et technologies contemporaines, tout en réaffirmant l’importance d’une souveraineté numérique dans un monde divisé.

amaralina ramalho alvarez

© Vladim Villain

Amaralina Ramalho Alvarez est une artiste multidisciplinaire qui vit et travaille à Tiohtià:ke/Mooniyang/Montréal. Son travail explore la dimension politique de l’éphémère et de la transmission, en interrogeant les rapports entre temps, mémoire et corps. Elle a participé à plusieurs expositions collectives, dont Souviens-toi de nous quand tu regardes, réalisée en partenariat avec le LABARD et le Centre culturel Georges-Vanier. Son travail a également été présenté au festival RIPA — Performance actuelle, dans le cadre d’un projet d’art public mené avec la Ville de Chambly, ainsi qu’à la 8e édition du festival artch à la Place Ville Marie. En 2027, elle présentera sa première exposition solo au Centre culturel Georges-Vanier. Amaralina travaille également comme illustratrice et médiatrice culturelle et complète présentement ses études en arts visuels et médiatiques à l’Université du Québec à Montréal.

Son projet aborde les continuités des dynamiques coloniales à travers les systèmes agricoles passés et contemporains, en mettant en parallèle la commercialisation des fruits tropicaux – notamment ceux issus d’Amérique Latine – et les dynamiques du commerce et de l’agriculture locale.
Il se déploie en trois volets interconnectés : une recherche en archives, une résidence en milieu agricole et l’activation d’un chariot de fruits détourné, pensé comme espace mobile de création, de médiation et de résistance poétique.

stella lemaine

© David Ospina

Artiste interdisciplinaire d’origine haïtienne basée à Montréal, Stella Lemaine développe une pratique située à la croisée de la performance, de la danse et du cinéma documentaire. Son travail explore le corps comme espace de mémoire, de résistance et de transformation. En mêlant archives, mouvement et narration, elle cherche à rendre visibles les traces invisibles du colonialisme et à ouvrir des espaces de guérison collective.

Diplômée en art dramatique profil jeu de l’UQAM, Stella a d’abord diffusé une première réalisation documentaire dans le cadre du Black Film Festival de Montréal. Le documentaire est un médium qui lui a permis d’affiner son regard sur les récits intimes et politiques. Sa pratique s’est ensuite étendue à la scène, comme interprète dans différentes productions théâtrale tel que L’Ombre une création dirigée par Marie Brassard et présentée au Centre national des arts du Canada puis à la danse lors de sa formation en danse folklorique haïtienne au centre Nyata Nyata.

Son projet Corps Noirs, amorcé en 2023, marque un tournant dans sa démarche: une performance documentaire qui s’inscrit dans une recherche autour des corps noirs, de leurs blessures invisibles et de leur résilience. Inspirée par les approches somatiques et la pensée décoloniale, cette œuvre explore la possibilité de réécrire la mémoire à travers le mouvement et la présence.

Afroféministe et engagée, Stella conçoit la création comme un acte de résistance et de réparation. Son travail se nourrit d’une quête d’humanité, d’un rapport poétique au réel et d’une volonté constante de créer des ponts entre l’intime et le politique.

joliz dela peña

© Vincent Bolduc

Joliz Dela Peña, également connue sous le nom de JDP 2009, est une artiste interdisciplinaire autodidacte et travailleuse culturelle née aux Philippines et maintenant établie à Tiohtià:ke/Montréal. Le lien intime avec les souvenirs, l’identité et l’immigration sont des thèmes récurrents dans la pratique de Dela Peña. À travers des performances accompagnées d’installations, elle cherche à revivre des réalités, à explorer leurs complexités et à traduire les tensions invisibles en diverses qualités visuelles et tactiles.
Dans son travail, elle tente de traduire des souvenirs fragmentés de sa vie personnelle en tant qu’immigrante de première génération, puisant également dans des expériences croisées, afin de construire une perspective empathique. Son objectif va au-delà de la simple contemplation et englobe une dimension d’activisme.
Le travail de Dela Peña a été présenté dans divers festivals au Québec et au Canada, notamment au Festival Art Souterrain (Voies/Voix Résilientes, 2022), à OFFTA (2023), à Art in the Open PEI (2023) et à Vibrance et Vacarme dans la région du Bas-Saint-Laurent (Caravanserail, 2024). Plus récemment, Dela Peña a présenté son travail à l’international à León, au Mexique (Performance es utopia, 2025).
« Just wanted you to know » est une série d’installations vidéo composée d’œuvres performatives de longue durée qui seront développées entre son pays d’origine, les Philippines, et son pays d’adoption, le Québec. Au cœur de ce projet, on retrouve la double identité d’être à la fois immigrante au Canada et citoyenne non officielle de son pays natal. L’œuvre incarne non seulement un désir d’être entendue, mais sert également de déclaration directe abordant les conditions sociales et politiques qui façonnent chaque performance.
À travers des performances de longue durée, accompagnées des décors quotidiens des deux pays, Dela Peña explorera comment les gestes, la fatigue et la présence deviennent des vecteurs de mémoire, de survie et de résistance, où l’art lui-même se transforme en une forme de protestation et où la performance n’est pas simplement une répétition de la réalité. Cette recherche artistique est profondément liée à son engagement en tant que jeune militante, et reflète la longue histoire entre les Philippines et les puissances impérialistes. En fin de compte, ce projet vise à incarner un mélange de douceur et de militantisme. Dela Peña cherche à émouvoir, à déstabiliser et à éveiller l’empathie, transformant le témoignage personnel en un appel collectif à la compréhension et au changement.

kalun leong

Kalun Leung est un artiste interprète-compositeur et tromboniste né à Hong Kong et basé à Tiohtià:ke/Mooniyang/Montréal dont la pratique transdisciplinaire explore les intersections entre le son, le mouvement, l’architecture et l’identité culturelle. Son travail met en vedette le mubone—un instrument augmenté qu’il a développé en collaboration avec le technologue créatif Travis West—comme outil d’exploration de la performance sonique incarnée à travers l’espace et le geste. Durant sa résidence Alliance, Leung développera Love Letters to a Third Culture Kid, une performance audiovisuelle solo interdisciplinaire explorant son identité d’immigrant hongkongais-canadien à travers des archives personnelles, le mouvement et le son spatialisé. Troisième œuvre d’une trilogie de performances autobiographiques, Love Letters poursuit la pratique de recherche-création de Leung qui entrelace mémoire, diaspora et récits intergénérationnels.

Leung détient une maîtrise en musique de l’Université McGill et un diplôme d’études professionnelles de The New School à New York. Il a collaboré avec des artistes tel·le·s que Meredith Monk, Anthony Braxton, George Lewis, Sunny Jain et l’Experiential Orchestra (Prix Grammy, 2021). Son travail interdisciplinaire comprend le duo son et mouvement ék avec Émilie Fortin, la performance de bruitage en direct et de mime, ainsi que des installations sonores au levain avec Felix Del Tredici. Il codirige la fanfare expérimentale Ambient Parade, performe dans le trio d’improvisation Williwaw, et a travaillé avec la Martha Graham Dance Company et le Ratchet Orchestra.

Son travail a été présenté au Festival International de Musique Actuelle de Victoriaville (FIMAV), Carnegie Hall, Guelph Jazz Festival, Cologne Jazzweek, UNHEARD Music Festival (Hong Kong) et NYC Winter Jazzfest. Il a reçu le Prix Kranichstein au Cours d’été de Darmstadt en 2025 et a bénéficié du soutien du Conseil des arts du Canada, du Conseil des arts et des lettres du Québec et du Conseil des arts de Montréal.

abeer dagher esber

Abeer Dagher Esber est une écrivaine et cinéaste syrienne établie à Montréal. Sa pratique multidisciplinaire relie la littérature, le cinéma et l’art visuel, explorant la manière dont la mémoire, l’exil et l’architecture s’entrelacent pour façonner l’identité personnelle et collective. Diplômée en littérature anglaise de l’Université de Damas, elle est l’autrice de plusieurs romans en arabe — dont Freefall (حر سقوط (et Inheritors of Silence (الصمت ورثة— ( et a travaillé dans la production cinématographique et télévisuelle à Damas, à Beyrouth et à Montréal.
Son projet actuel, The Ninth Step, est un long métrage hybride qui combine la fiction, le documentaire et l’esthétique du photo-roman. Situé entre Damas et Montréal, le film suit une femme qui reconstruit les fragments de son passé — amour, trahison et disparition — à travers l’architecture des deux villes. En utilisant la photographie fixe, la voix off et un paysage sonore stratifié, The Ninth Step explore comment l’espace urbain devient une archive du trauma et du désir, et comment l’acte de se souvenir devient une forme de survie.
Floutant les frontières entre le témoignage personnel et l’essai cinématographique, le travail d’Abeer Dagher Esber poursuit son exploration des géographies fragiles de l’appartenance, interrogeant la manière dont la mémoire habite à la fois le corps et la ville.

sam lee

Sam Lee (il/lui) est un photographe et documentariste coréen-canadien qui vit et travaille à Montréal. Par des investigations visuelles du bizarre et du surréel dans la vie quotidienne, il explore les concepts de mémoire collective et de nostalgie, souvent à travers une lentille diasporique. Il préfère les procédés photographiques traditionnels, en prenant principalement des photos sur film négatif couleur de moyen et grand format et en réalisant des impressions optiques dans sa chambre noire couleur. Sam a été sélectionné pour participer à la cohorte 2024 d’ARTCH. En 2025, il présentera sa première exposition personnelle à la Galerie Ascent du Centre Civique d’Etobicoke. Son travail a été présenté, publié et financé par divers organismes artistiques montréalais.