
prendre place <br/>série de performances (annulée)



[highlight background= »#e2011e » color= »#ffffff »] — Montréal se trouve en zone rouge depuis le 01 octobre 2020. Cette performance est suspendue pour une durée indéterminée. Consulter les dernières mises-à-jour de MAI en lien avec la COVID-19. — [/highlight]
Convoquant la présence d’un être bispirituel dialoguant avec le territoire et un dispositif technologique, Sheuetamᵘ est une installation déambulatoire et sonore créée par l’artiste interdisciplinaire Innue Soleil Launière, qui se déploie continuellement pendant 5 jours.
Faisant appel à un état de porosité, la performeuse-forêt fait corps avec les êtres végétaux qui l’entourent. Sa relation avec le territoire se décline en chant vocal, sons et images, notamment grâce à une technologie expérimentale reposant sur des capteurs de bio data.
Entremêlant le passé, le présent et le futur, cette pièce-rituel puissante amplifie la présence Autochtone, déstabilisant le récit de la modernité capitaliste et coloniale. Le public peut s’y immerger à n’importe quel moment de la journée, partir et, s’il le souhaite, revenir.

Hanane, une femme quinquagénaire fait son jogging quotidien dans les rues de Beyrouth pour lutter contre l’ostéoporose, l’obésité et la dépression. Tout en courant, elle revisite ses rêves, ses désirs, ses désillusions. Les effets de cette routine quotidienne sont contradictoires ; elle stimule dans son corps deux hormones : la dopamine et l’adrénaline qui, tour à tour, se révèlent destructives et constructives au sein d’une ville qui détruit pour construire et construit pour détruire. Seule en scène, Hanane, la femme et la mère, dévoile son identité en incarnant différents visages de Médée. Comédienne, auteure, et activiste culturelle, Hanane Hajj Ali est une figure éminente dans la scène culturelle et artistique libanaise.

Dans sa nouvelle œuvre, Walking at Night by Myself, le trio performatif vancouvérois A Wake of Vultures (Nancy Tam, Daniel O’Shea et Conor Wylie) propose une fusion entre idées cabotines et esthétique dépouillée. Il en résulte un monde d’abstraction, de distraction et de motifs qui se chevauchent, au travers desquels nous examinons lentement la plasticité de la perception humaine en nous interrogeant sur la construction des notions de familiarité, de différence et d’impression. Mettant en vedette Nancy Tam et Anjela Magpantay, cette performance explore les liens entre le mouvement, l’acoustique, la scénographie et les idées conceptuelles au moyen de répétitions hypnotiques, de présentations jumelles, d’images résiduelles et d’opalescence, le tout pour transcender le spectaculaire et le phénoménologique; de la perception à l’expérimentation.

Des lieux, des corps, trahis, profanés. Des histoires cachées, invisibles, remontent à la surface dans Phantom Stills & Vibrations, une expérience immersive rendant hommage aux victimes de l’ancien pensionnat autochtone Pelican Falls, à Sioux Lookout, en Ontario. Un génocide culturel qui se poursuit, laisse des traces, des cicatrices ouvertes. Inspirée par son retour sur la terre de ses ancêtres, la chorégraphe Lara Kramer imagine une exposition-performance, en collaboration avec Stefan Petersen, rappelant les répercussions de traumatismes transmis de génération en génération.
Une photographie de l’ancien pensionnat reconverti en école secondaire, des sons nordiques et, par moments, une performance minimaliste. Kramer témoigne de l’accablante réalité d’une jeunesse abusée et remet en question les possibilités d’avancer. Comment reconstruire alors que le cycle de la violence se perpétue ? L’exposition éveille, bouscule, invite à méditer. Une œuvre de mémoire pénétrante et essentielle.
Lara Kramer est une chorégraphe et artiste multidisciplinaire ojie-crie. Ses travaux ont été encensés par la critique, y compris Native Girl Syndrome, œuvre traitant et de la victimisation des femmes autochtones et des séquelles laissées par le génocide culturel.

L’artiste plus âgé brille de mille feux au MAI avec Eclectik 2018, qui s’inspire d’ Older & Reckless, une série de performances chorégraphiques célébrant la danse mature, produite par le MOonhORsE Dance Theatre de Toronto.
Âgés et déjantés met en vedette des artistes de 55 ans et plus de la diversité, sensibilise le spectateur aux défis actuels et nouveaux avec lesquels doivent composer les artistes plus âgés et aborde une multitude d’enjeux comme le langage employé pour discuter de la vieillesse et la pertinence ou redondance générationnelle relative à l’art.
L’initiative se révèle foncièrement perpétuelle; il s’agit d’un moyen de résister, de conserver ou de retrouver sa visibilité. Une véritable célébration en soi.

2016-2017 coïncidait avec un certain nombre d’anniversaires marquant l’histoire du Canada colonisé. Pour engager des conversations continues sur l’identité et l’espace, nous avons lancé Prendre Place / Taking Place. Conçue pour aborder les considérations transdisciplinaires de l’espace et des bagages qui l’accompagnent, c’est aussi un lieu où les artistes prennent cette place/leur place, la revendique, la possède, l’habite. En cela, la 2ème édition n’en est pas moins différente avec sept artistes internationaux conduisant le récit à travers des panneaux d’arrêt, déviant de la trajectoire.

En Colombie, l’expression parler gaie « serio » désigne un comportement hétérosexuel et fait contraste aux mots fif, queer, tapette ou moumoune. Adverbe d’intensité, « muy » revêt parfois pour sa part une forte connotation homosexuelle. Dans le cadre de cette série, Carlos Maria Romero utilise les pièces de vêtements masculins traditionnels comme matière sculpturale servant une multitude de mouvements de danse queer et les dépouille de leur pouvoir symbolique par l’intermédiaire de rituels organisés.
Danseur, chorégraphe et artiste multidisciplinaire originaire de Colombie, Carlos Maria Romero habite Londres et travaille dans les domaines des arts de la scène et visuels, de l’activisme patrimonial et architectural, de la pédagogie et de la conservation.

Magazine de mode et de culture, MARVELOUS a été mis au monde par une équipe d’artistes et publié sur scène grâce aux lectures performatives livrées par son rédacteur en chef Bryan Campbell. Né dans le cadre d’un processus amateur inspiré par la culture drag qui met l’accent sur l’imitation, l’appropriation et une certaine forme de plagiat, MARVELOUS propose une refonte de la langue commerciale utilisée dans les pages glacées des magazines populaires et aborde des questions d’expertise, d’accès économique et de psychologie de persuasion et de séduction.
Artiste américain qui vit et travaille à Paris, Bryan Campbell élabore depuis 2008 un corpus d’œuvres multidisciplinaires au concept audacieux et subtilement axé sur la culture queer qui met de l’avant sa formation de chorégraphe et de danseur.

My Last American Dollar interroge la résistance dans cinq cadres différents : vestiaires, bars de danseuses, salles d’attente, bancs d’église et « field days » (exercices militaires / journées sportives scolaires). Comprenant deux rondes, le projet se penche sur les façons dont les personnes noires font une place aux autres. Comment assumer la multiplicité d’être à la fois jeune, doué.e et noir.e?
Artiste basée à New York, Keijaun Thomas est aussi récipiendaire de la bourse Franklin Furnace 2018. Ses œuvres traitent des récits, des symboles et des images qui construisent les notions d’identité noire au cœur même de l’individualité noire.