eric leong

© Vera Oh

Eric Leong (iel/il) est un artiste queer d’origine chinoise et brunéienne qui se produit sous le nom de Komodo. Son parcours artistique a débuté par plus de dix ans de formation en piano classique au Conservatoire royal de musique, avant d’évoluer vers une pratique autodidacte de la danse, incluant la salsa, le voguing, le whacking et le burlesque. Fondateur de Paifang, une série d’événements culturels queer dans le quartier chinois de Montréal, sa pratique artistique est profondément ancrée dans la communauté et explore les thèmes du lien intergénérationnel, de la queerness et de l’identité diasporique.

« Queer Diasporic Movement : Blending Whacking & Chinese Folk Dance to Taiwanese Campus Folk Songs » est un projet de danse qui réinvente les chants folkloriques universitaires taïwanais (校園民歌) à travers le prisme de la mémoire, de la queerness et du lien intergénérationnel. Réunissant des aînés sinophones et des jeunes queer de la diaspora, cette œuvre fusionne la danse folklorique chinoise et le whacking – un style de danse queer né à Los Angeles dans les années 1970 – afin de créer un dialogue vibrant entre tradition et expression personnelle.
Écrits à l’origine par des étudiants universitaires taïwanais pendant la période de la loi martiale, les chants folkloriques universitaires mêlaient lyrisme poétique et mélodies d’inspiration folklorique. Ils se sont profondément enracinés au sein de la diaspora sinophone, transmettant des histoires d’amour, de nostalgie et de migration à travers les générations. Pour de nombreux Canadiens d’origine chinoise, ces chansons constituent un pont vers la patrie et la mémoire familiale.
Ce projet vise à explorer ces mélodies nostalgiques à travers une narration corporelle, à l’intersection de l’élégance et du symbolisme de la danse folklorique chinoise et de l’expressivité du whacking. Le résultat envisagé est une exploration chorégraphique de l’appartenance, de l’identité et de la possibilité de nouveaux avenirs culturels, honorant l’esthétique ancestrale tout en amplifiant les voix queer de la diaspora qui résonnent à travers les générations.

stella lemaine

© David Ospina

Artiste interdisciplinaire d’origine haïtienne basée à Montréal, Stella Lemaine développe une pratique située à la croisée de la performance, de la danse et du cinéma documentaire. Son travail explore le corps comme espace de mémoire, de résistance et de transformation. En mêlant archives, mouvement et narration, elle cherche à rendre visibles les traces invisibles du colonialisme et à ouvrir des espaces de guérison collective.

Diplômée en art dramatique profil jeu de l’UQAM, Stella a d’abord diffusé une première réalisation documentaire dans le cadre du Black Film Festival de Montréal. Le documentaire est un médium qui lui a permis d’affiner son regard sur les récits intimes et politiques. Sa pratique s’est ensuite étendue à la scène, comme interprète dans différentes productions théâtrale tel que L’Ombre une création dirigée par Marie Brassard et présentée au Centre national des arts du Canada puis à la danse lors de sa formation en danse folklorique haïtienne au centre Nyata Nyata.

Son projet Corps Noirs, amorcé en 2023, marque un tournant dans sa démarche: une performance documentaire qui s’inscrit dans une recherche autour des corps noirs, de leurs blessures invisibles et de leur résilience. Inspirée par les approches somatiques et la pensée décoloniale, cette œuvre explore la possibilité de réécrire la mémoire à travers le mouvement et la présence.

Afroféministe et engagée, Stella conçoit la création comme un acte de résistance et de réparation. Son travail se nourrit d’une quête d’humanité, d’un rapport poétique au réel et d’une volonté constante de créer des ponts entre l’intime et le politique.

kalun leong

Kalun Leung est un artiste interprète-compositeur et tromboniste né à Hong Kong et basé à Tiohtià:ke/Mooniyang/Montréal dont la pratique transdisciplinaire explore les intersections entre le son, le mouvement, l’architecture et l’identité culturelle. Son travail met en vedette le mubone—un instrument augmenté qu’il a développé en collaboration avec le technologue créatif Travis West—comme outil d’exploration de la performance sonique incarnée à travers l’espace et le geste. Durant sa résidence Alliance, Leung développera Love Letters to a Third Culture Kid, une performance audiovisuelle solo interdisciplinaire explorant son identité d’immigrant hongkongais-canadien à travers des archives personnelles, le mouvement et le son spatialisé. Troisième œuvre d’une trilogie de performances autobiographiques, Love Letters poursuit la pratique de recherche-création de Leung qui entrelace mémoire, diaspora et récits intergénérationnels.

Leung détient une maîtrise en musique de l’Université McGill et un diplôme d’études professionnelles de The New School à New York. Il a collaboré avec des artistes tel·le·s que Meredith Monk, Anthony Braxton, George Lewis, Sunny Jain et l’Experiential Orchestra (Prix Grammy, 2021). Son travail interdisciplinaire comprend le duo son et mouvement ék avec Émilie Fortin, la performance de bruitage en direct et de mime, ainsi que des installations sonores au levain avec Felix Del Tredici. Il codirige la fanfare expérimentale Ambient Parade, performe dans le trio d’improvisation Williwaw, et a travaillé avec la Martha Graham Dance Company et le Ratchet Orchestra.

Son travail a été présenté au Festival International de Musique Actuelle de Victoriaville (FIMAV), Carnegie Hall, Guelph Jazz Festival, Cologne Jazzweek, UNHEARD Music Festival (Hong Kong) et NYC Winter Jazzfest. Il a reçu le Prix Kranichstein au Cours d’été de Darmstadt en 2025 et a bénéficié du soutien du Conseil des arts du Canada, du Conseil des arts et des lettres du Québec et du Conseil des arts de Montréal.

mithra (myth) rabel

Mithra (Myth) Rabel, interprète, chorégraphe et enseignante passionnée d’origine haïtienne, enrichit le monde de la danse de Tiohtià:ke/Montréal depuis plus de 20 ans. Son parcours artistique a débuté sur la scène salsa, où elle a perfectionné sa technique et s’est distinguée parmi ses pairs. Sa passion pour le mouvement l’a ensuite dirigée vers la house dance, devenant une figure emblématique de la communauté de danse de rue. Pendant plus d’une décennie, elle a enflammé les pistes de danse et transmis sa passion par l’enseignement, apprenant des plus grands noms de la scène internationale pour façonner son art avec grâce et innovation.

Son projet « Speakeasy » est une introspection profonde inspirée par la house dance, fusionnant harmonieusement danse, musique et poésie. Dans cette œuvre, Mithra remet en question la mémoire corporelle et son rôle dans la construction de l’avenir. Elle invite les spectateurs à plonger avec elle dans l’essence de l’existence et de l’expression artistique, offrant une expérience captivante et émotionnelle. La première étape de ce projet, d’une durée de 10 minutes, a été présentée lors des Soirées 100lux en mars dernier à Tangente. Elle a été reçue avec beaucoup d’enthousiasme et a suscité un désir du public d’en voir davantage.

nicolas fattouh

Nicolas Fattouh est un artiste de théâtre, artiste visuel et réalisateur d’animation émergent qui a récemment déménagé de Monsef, au Liban, à Montréal, au Canada. Il a participé à plus de 30 expositions d’art et ventes aux enchères locales et internationales avec ses peintures, sculptures et installations, y compris à Bonhams (Londres) en 2016.

L’amour de Nicolas pour le théâtre a commencé à l’âge de 8 ans lorsqu’il a mis en scène de petites pièces avec l’aide de ses sœurs et de ses ami-es d’école, et les a jouées devant parents et voisin·es dans son jardin. Passionné par la narration et le dessin, il poursuit sa formation en animation 2D/3D à l’Académie Libanaise des Beaux-Arts et obtient un master (premier de sa promotion) en 2017.

En 2021, Nicolas fait ses débuts dans le milieu théâtral avec sa première pièce hybride professionnelle, « Living with a Piece of Furniture », qui vise à marquer l’histoire en aidant sa grand-mère de 95 ans à devenir la présidente la plus âgée de la Sororité de l’Immaculée Conception de son village. La pièce a été sélectionnée dans de nombreux festivals, notamment le Zoukak Sidewalks Festival (Beyrouth) en décembre 2022 et le Zürcher Theater Spektakel (Suisse) en août 2023.

riley palanca

Riley Palanca (alias Revan Badingham III) est un dramaturge, producteur et metteur en scène. Sa pièce Would Virginia Woolf Contemplate Suicide if She Were Filipino ? a été présentée en première au Festival Fringe de Montréal en 2022 et a reçu le prix du « Texte anglais le plus prometteur » décerné par la Playwrights Guild of Canada. Depuis, la pièce a été récompensée par d’autres concours et a été jouée dans des festivals à travers le Canada. Premier récipiendaire du Mentorat Mike Payette en direction artistique du Geordie Theatre, dramaturge mandaté par le Theatre of the Beat’s Emerging Producers Festival et librettiste d’un cycle de chansons qui a fait ses débuts au MISE-EN New Music Festival de New York, Badingham est également artiste de la parole, romancier·ère et travailleureuse culturel·le.

Le travail de Badingham est résolument gay, reconnu pour ses personnages charmants, son esprit vif, son rythme rapide et ses explorations crues de l’intimité. Sa passion pour les comédies romantiques queer reflète son engagement en faveur de la visibilité, de la subversion et de la célébration de la joie queer.

catch step

© Victoria Mackenzie

Catch Step est le lauréat de l’accompagnement jumelé CAM+MAI 24.25.

Catch Step est un groupe d’artistes formé en 2022 par Anais Chloé Gilles/RISE, Delande « Junior » Dorsaint/Djüngle et Victoria Mackenzie/VicVersa. Ce groupe représente de multiples intérêts et expériences dans le domaine de la danse de rue. Après avoir interprété Never Not Moving, gagné les Montreal Hip Hop Games et participé aux International Hip Hop Games à Lille, en France, Catch Step a été invité à présenter un spectacle complet au Théâtre La Chapelle pour la saison 2024/2025.

Pour leur prochain spectacle complet intitulé « Catch Step HYA remix feat. Lunice », le collectif travaillera avec le chorégraphe invité Handy Yacinthe/HYA et l’artiste Lunice. Ce projet soutient les intérêts de divers artistes de la diaspora haïtienne en tant qu’interprètes et créateur.trice.s. Les pratiques de danse des artistes impliqués sont ancrées dans les formes de danse afro-descendantes, en particulier la danse de rue.

manon scialfa + alice jackson

Manon Scialfa est une danseuse, poète et artiste PANDC qui s’est installée à Montréal en 2021. Elle a commencé sa formation en danse moderne, néoclassique et contemporaine à la New Orleans Ballet Association (NOBA). Grâce à son exposition à un large éventail de processus et de répertoires artistiques, son style se définit comme étant fusionnel et polyvalent. Elle est particulièrement influencée par son travail avec le style afro-contemporain de Ron K. Brown/EVIDENCE et son initiation à la danse afro-cubaine avec Rebecca Bliss. Manon a poursuivi sa formation en danse à Montréal, où elle s’est jointe à la cohorte 2021-2024 de l’École de danse contemporaine de Montréal. Son art reflète son identité multiculturelle, son amour pour le partage d’histoires et sa croyance en un bonheur radical au sein des climats sociaux et politiques dans lesquels nous vivons.

Alice Jackson est une artiste multidisciplinaire hispano-américaine basée à Montréal. Elle a suivi une formation en jazz, tap, ballet, danse moderne et théâtre à la Performing Arts Factory, au Maryland. Elle a été exposée dès son plus jeune âge à la musique jazz, au cinéma et à l’histoire, ce qui a inspiré son style audacieux et expressif et développé sa sensibilité rythmique. En 2014, elle s’installe à Montréal et reçoit le mentorat de Bibiman en Popping, s’entraîne en House avec Dazl – des maîtres dans leur art – et participe à des battles de street dance. Elle continue de développer sa polyvalence, en reconnaissant toujours les créateurs et les fondateurs de l’art qui l’inspire, et en s’engageant à respecter l’intégrité artistique par le biais d’une éducation et d’une orientation appropriées.

Fourth Culture est le prolongement naturel de leur travail d’équipe, dans lequel Manon apporte une vision narrative créative et Alice pousse l’expression physique et technique. Liées par des styles de danse, des expériences performatives et des origines culturelles similaires, elles partagent une curiosité et une appréciation pour l’histoire de la danse et les contributions de la culture noire à l’art. Dans un esprit de témoignage et de soutien mutuel, leur mission est d’étudier le jazz vernaculaire, le swing, la house et la dramaturgie afin de développer une signature créative qui dépasse les frontières de la danse contemporaine, de la danse sociale et du conte avec une profonde compréhension historique et une conscience socio-politique.

dani carter

Dani Carter est un·e autaire et artiste de performance de Tkaronto qui vit et travaille à Tiohtià:ke.

« TIPS » est une exploration interdisciplinaire de la négritude, de la désirabilité, d’Internet et des rouages érotiques cachés du labeur. Le projet retrace le mythe du corps noir à travers les bruits du cyberespace.

L’œuvre consiste en une agrégation de données – une archive absurde, burlesque et corrosive – tirées de forums de partage d’images et de discussion, de communautés Reddit, de flux TikTok en direct et de l’expérience vécue de l’artiste. Comment Internet et son contenu, pornographique ou non, jouent-ils sur la forme de la fétichisation? Un texte déshumanisant peut-il être radicalisé par les êtres déshumanisés? Comme l’écrit Gayatri Spivak, les subalternes peuvent-elles parler? Voilà les questions auxquelles TIPS s’intéresse – ou cherche à répondre, étant donné leur ampleur – dans le contexte de l’écriture, de la performance et de leur intersection.

Crédit photo: Dani Carter

nico contreras

Nico Contreras est un artiste interdisciplinaire canado-équatorien qui travaille entre le mouvement et le texte dans le théâtre, la danse contemporaine et le cinéma. Honoré d’avoir pu apprendre avec des mentor·e·s à travers les Amériques, du Teatro Malayerba de Quito au Aluna Theatre de Toronto, Nico a passé la dernière décennie à explorer les rapports curieux entre l’identité et l’abstraction dans la création artistique au niveau personnel et communautaire. Fondateur du programme expresARTE à l’intention de la jeunesse panaméricaine, il a récemment dirigé des processus de recherche et de création réunissant des artistes de diverses diasporas pour réfléchir de manière critique aux rôles que nos pratiques jouent dans notre vie quotidienne et notre travail.

Nico travaille actuellement sur ñaño, une pièce qui explore la relation entre frères à travers l’absence, le deuil et la perte. Il s’agit d’une lettre d’adieu et d’une collection de souvenirs éphémères, d’une exploration de la façon dont les moments que nous avons partagés font de nous qui nous sommes, et d’un témoignage du pouvoir de la mémoire de figer, de déformer et peut-être de révéler les gens que nous avons aimés et perdus.

Crédit photo: Naïma Contreras Tejpar