roberto santaguida

Depuis la fin de ses études en production cinématographique à l’Université Concordia, les vidéos et films de Roberto Santaguida ont été présentés dans plus de 400 festivals internationaux, dont le Festival du film de Tampere (Finlande), le Festival international du film documentaire de Copenhague ou CPH: DOX (Danemark), le Festival d’art contemporain Sesc_Videobrasil (Brésil), le Festival international du film de Rhode Island (États-Unis), Transmediale (Allemagne) et Message to Man (Russie). Il a également participé à des résidences d’artistes dans de nombreux pays, notamment en Iran, en Roumanie, en Allemagne, en Norvège et en Australie. Roberto est le récipiendaire du K.M. Hunter Artist Award et d’une bourse de l’Akademie Schloss Solitude en Allemagne.

Description de projet: Methods of Coping

Je vais entreprendre une recherche sur Methods of Coping – les techniques et les processus utilisés par les artistes qui font face à des défis personnels. Je m’engagerai dans une forme de dialogue coopératif avec les consultant·e·s, en posant des questions et en y répondant pour faire émerger des idées sous-jacentes. Un domaine d’intérêt que j’examinerai avec le groupe est l’idée de témoigner de ses propres forces intérieures au lieu d’essayer de les ignorer et de s’en détourner.

Crédit photo: Yasemin Ergin

élise ross-nadié

(Selena Phillips-Boyle)-1(1)

Élise Ross-Nadié est passionnée par les liens, les nœuds et les intersections entre les cultures numériques, le pouvoir et les rêves. Elle a aussi un intérêt marqué pour les logiciels libres, la décolonisation des connaissances et l’afrofuturisme. Elle a eu le privilège de promener ses histoires, et ses projets hybrides dans plus d’une quinzaine de pays. De ses aventures sont nées toutes sortes d’artéfacts : des articles Wikipédia, un guide d’identification des roses sauvages, de grandes amitiés, une extraordinaire tournée littéraire, un ouvrage collectif entre le Canada et Cuba, un recueil de textes féministes et de nombreuses sessions de danse.

Elle souhaite effectuer une excursion à l’extérieur de ses habitudes pour explorer la science-fiction comme outil de préfiguration en se commettant dans le contexte d’un projet littéraire. Dans un roman composé de deux volets, le premier abordant la crise causée par les dérives du système politico-économique capitaliste et le deuxième s’attelant plutôt à réfléchir à la reconstruction, elle propose de suivre un groupe de personnes racisées militantes, avant et pendant la crise, puis dans le nouveau monde.

La création d’une alternance entre les deux volets permettra l’installation d’un narratif dynamique et non-linéaire au cours duquel l’auditoire vacillera entre des moments de désarroi, de souffrances et de questionnements, et des moments inspirants, emplis d’espoir et de renouveau. Cette stratégie narrative permettra la mise en lumière d’un paradoxe, celui du changement, qui suppose une remise en question destructrice et souffrante, mais qui rend possible le rêve et son incarnation.

Crédit photo – Selena Phillips-Boyle

dani carter

Dani Carter est un·e autaire et artiste de performance de Tkaronto qui vit et travaille à Tiohtià:ke.

« TIPS » est une exploration interdisciplinaire de la négritude, de la désirabilité, d’Internet et des rouages érotiques cachés du labeur. Le projet retrace le mythe du corps noir à travers les bruits du cyberespace.

L’œuvre consiste en une agrégation de données – une archive absurde, burlesque et corrosive – tirées de forums de partage d’images et de discussion, de communautés Reddit, de flux TikTok en direct et de l’expérience vécue de l’artiste. Comment Internet et son contenu, pornographique ou non, jouent-ils sur la forme de la fétichisation? Un texte déshumanisant peut-il être radicalisé par les êtres déshumanisés? Comme l’écrit Gayatri Spivak, les subalternes peuvent-elles parler? Voilà les questions auxquelles TIPS s’intéresse – ou cherche à répondre, étant donné leur ampleur – dans le contexte de l’écriture, de la performance et de leur intersection.

Crédit photo: Dani Carter

nico contreras

Nico Contreras est un artiste interdisciplinaire canado-équatorien qui travaille entre le mouvement et le texte dans le théâtre, la danse contemporaine et le cinéma. Honoré d’avoir pu apprendre avec des mentor·e·s à travers les Amériques, du Teatro Malayerba de Quito au Aluna Theatre de Toronto, Nico a passé la dernière décennie à explorer les rapports curieux entre l’identité et l’abstraction dans la création artistique au niveau personnel et communautaire. Fondateur du programme expresARTE à l’intention de la jeunesse panaméricaine, il a récemment dirigé des processus de recherche et de création réunissant des artistes de diverses diasporas pour réfléchir de manière critique aux rôles que nos pratiques jouent dans notre vie quotidienne et notre travail.

Nico travaille actuellement sur ñaño, une pièce qui explore la relation entre frères à travers l’absence, le deuil et la perte. Il s’agit d’une lettre d’adieu et d’une collection de souvenirs éphémères, d’une exploration de la façon dont les moments que nous avons partagés font de nous qui nous sommes, et d’un témoignage du pouvoir de la mémoire de figer, de déformer et peut-être de révéler les gens que nous avons aimés et perdus.

Crédit photo: Naïma Contreras Tejpar

marwan sekkat

Marwan Sekkat est un artiste interdisciplinaire franco-marocain résidant au Québec. La simulation, le vivant, le détournement, l’erreur et l’absurde sont au cœur de ses préoccupations. Si le numérique n’est pas au centre du propos, il est son meilleur allié et outil pour questionner notre (son) monde contemporain. Ainsi, ses médiums oscillent entre installation, création de visuels en temps réel, rap, simulation, réalité virtuelle, glitch, VJing et détournement. Ses récents travaux s’intéressent à la mise en espace d’installations qui interrogent les notions de temps, de modernité et de progrès. De la même manière qu’un jeu vidéo nous présente une simulation de la réalité, il tente de réaliser des simulacres du réel en dissimulant le numérique grâce à des techniques artisanales comme l’ébénisterie, le travail textile ou la botanique. Fasciné par l’expérimental, il espère avec ses œuvres, offrir un moment de sensibilité au public. Le projet “Transmission” est un état des lieux de son travail de recherche-création autour des questions de l’intime et de la transmission intrafamiliale. En confrontant sa pratique artistique à des pratiques artisanales marocaines, il cherche à questionner et à déconstruire son rapport à son identité. Ces travaux évoquent la transmission intergénérationnelle, l’héritage culturel, et la question de la trace.

Site web : marwansekkat.art
Crédit photo : Chris Mackenzie, prises dans le cadre des résidences Jano Lapin.

charles gao

Lorsque j’ai (Charles Gao) déménagé à Montréal en 2018, mon objectif était de développer ma propre méthode pour créer des œuvres plus narratives à partir de ma perspective de breaker. L’idée était d’utiliser les outils artistiques que j’avais développés au cours de mes années de breaker en tandem avec les outils théâtraux que j’étudiais, afin de découvrir ma propre forme de théâtre hip-hop. 

En 2019, j’ai commencé à travailler sur ce qui allait devenir « Welcome to the Digital Desert ». En 2020, pendant la pandémie, j’ai mis en scène une version improvisée de la pièce en plein air, dans laquelle j’ai fait jouer Johnny Abilach – un acteur et un compagnon danseur de rue. Nous sommes restés en contact depuis, dansant et échangeant souvent ensemble. Son dévouement à sa pratique de poppeur et d’acteur reflète ma propre pratique de b-boy et de dramaturge, où les deux disciplines se nourrissent l’une l’autre. Ceci nous a permis de créer notre propre langage artistique commun lorsque nous avons travaillé ensemble.

Crédit photo: Vickie Grondin

cai glover

Cai Glover est le le lauréat de l’accompagnement jumelé du CAM+MAI 2023-2024.

Projet: « Pulses of Being »

Cette œuvre se penchera sur nos formes de mouvement alors qu’elles cherchent à transformer les actions complices du langage spatial, la maîtrise du gestuel, en la transe d’un corps dansant. La phase de recherche nous verra manipuler le langage pour passer du littéral à l’abstrait et vice-versa. À quoi ressemble le mot « identité » dans ma main qui signe? Et à quoi ressemble-t-il maintenant dans mon corps dansant? Existe-t-il un entre-deux où je pourrais reconnaître une identité qui me semble authentique? Nous appliquons ici la science du discernement de la manière dont un corps amène un autre corps à se sentir, en réorientant le sujet et l’objet pour qu’ils soient dans une relation constante dépourvue de la violence de l’étiquetage identitaire qui élimine l’« autre ». La création se situe ici dans une politique du handicap et, par le biais de l’acte créatif, elle produit une esthétique du handicap. Un décentrement d’un corps qui est déjà décentré.

Biographie

En perpétuelle découverte et étude de la danse, Cai Glover s’entraîne, joue et crée depuis plus de 25 ans. De 2012 à 2022, Cai a travaillé comme interprète de danse et chorégraphe pour Cas Public et a pris part à 8 créations avec la compagnie. Plus récemment, Cai a développé sa propre expression de poésie et de langage du mouvement, mettant le corps dansant à contribution dans une quête d’expression poétique incarnée à travers la transposition du langage en mouvement sous le nom de sa compagnie, A Fichu Turning.

Crédit photo : Sasha Onyshenko

Ülfet sevdi

Ülfet Sevdi est la lauréate de l’accompagnement jumelé avec Playwrights Workshop Montréal (PWM) + MAI 2023-2024. 

Ülfet Sevdi est une écrivaine, menteuse en scène, dramaturge, artiste visuelle et praticienne du Théâtre de l’Opprimé basée à Montréal. Elle est diplômée de la Faculté des beaux-arts et du théâtre de l’Université de Mersin, en Türkiye, depuis 2001. Elle est titulaire d’une maîtrise en recherche-création obtenue dans le cadre du programme INDI de l’Université Concordia, où elle est maintenant candidate au doctorat.Son travail aborde l’histoire orale et les récits sociaux. Son approche est hautement conceptuelle, expérimentale et théoriquement ancrée dans les sciences sociales critiques. Elle a été co-fondatrice et directrice artistique de nü.kolektif (2008-2014), un collectif d’artistes multidisciplinaires basé à Istanbul et dont les performances traitent de sujets politiques. Depuis son arrivée à Montréal, elle poursuit ces démarches par le biais de Thought Experiment Productions (2015-), une compagnie de production qu’elle a également co-fondée et qu’elle co-dirige. Ses œuvres précédentes ont été financées par le Conseil des Arts du Canada, le Conseil des Arts de Montréal et la Fondation Cole. Elles ont été présentées au Brésil, au Canada, en Colombie, au Danemark, en Irlande, en Türkiye et aux États-Unis.

Motherhood, par Ülfet Sevdi

Au moment de ma mi-carrière artistique et universitaire, il y a moins de deux ans, je suis devenue mère. Je venais de terminer une thèse de maîtrise et nous étions en pleine pandémie de COVID-19. On dit qu’avoir un enfant change votre vie, mais vous ne pouvez pas le comprendre tant que cela ne vous est pas arrivé. C’est un état existentiel profond et très gratifiant, mais aussi fort exigeant. Comment faire pour continuer? Quand pourrons-nous retrouver une vie artistique normale? Notre corps de performance? Notre capacité à nous concentrer sur la lecture et l’écriture? Après presque un an de grossesse viennent les premiers mois, la première année. Le corps a changé et les contraintes – physiques, émotionnelles, psychologiques – sont partout. Le temps passe autour de nous; la vie continue. Mais l’artiste-mère ne peut pas suivre toutes les idées qu’elle a, et ne peut pas retourner à sa pratique. Cette performance mettra de l’avant la technique que j’ai développée dans ma dernière œuvre, Numbers Increase As We Count…, et que j’ai appelée « Performative Acting ». Il s’agit d’une technique basée sur des tâches spécifiques ainsi que des structures ouvertes à caractère dramaturgique. J’en ai jeté les bases dans mon mémoire de maîtrise sur la recherche-création dans le cadre du programme INDI, et je la développe actuellement dans le cadre de mes études doctorales dans le même programme. Pour ce projet, j’ai l’intention de collaborer avec différentes artistes-mères/mères-artistes issues de différentes disciplines performatives.

Crédit de photo: Mustafa Hacalaki

melinda yeoh

© Melika Dez

Melinda Yeoh est la lauréate du programme d’accompagnement jumelé 100LUX+ MAI 2023-2024. Melinda participera à la programmation annuelle 2023-2024 des soirées 100Lux.

Née à Singapour et ayant grandi dans les prairies de Calgary, en Alberta, Melinda « Melofunk » Yeoh pratique le locking depuis 12 ans. Membre du collectif LockUnity et du groupe Ingenious Lockers, elle est tombée amoureuse de ce type de danse après sa participation au Elite Locking Camp à Las Vegas en 2011. Cette expérience lui a permis d’apprendre auprès de pionnier·ère·s de la scène de la fin des années 1960 et du début des années 1970 et d’adeptes de longue date, y compris Scoo B Doo, Damita Jo et Fluky Luke. Par le suite, elle est retournée à Calgary afin de travailler à l’établissement d’une scène de locking locale à travers des performances, des cours et des sessions. En 2014, elle a déménagé à Montréal dans le but de s’entraîner avec LockUnity et de se développer en tant que lockeuse. Depuis, elle a pris part à divers jams de locking au niveau local et international tels que Bust A Move, Under Pressure, Unlock The Funk, Lock City, KOD et le Vancouver Street Dance Festival. En plus de participer à des compétitions, elle a donné des cours de locking à Montréal, et a chorégraphié et interprété des performances de locking dans des jams et des événements tels que le 100Lux Festival et la Breakin’ Convention.

Melinda cherche constamment à se développer et à trouver des moyens de faire évoluer son expression et sa pratique artistique du locking en s’entraînant dans d’autres styles de danse, y compris la claquette et le Lindy Hop.

Tangente remercie la Caisse Desjardins de la Culture et la SAQ, deux grandes héroïnes qui contribuent fidèlement au succès des activités de Tangente.

Crédit photo: Melika Dez

lynn kodeih

Lynn Kodeih est la lauréate du programme d’accompagnement jumelé VCA (Verticale Centre d’Artistes) + MAI 2023-2025. Lynn Kodeih fera partie de la programmation bisannuelle 2023-2025 de VCA 𝑻𝒓𝒂𝒋𝒆𝒄𝒕𝒐𝒊𝒓𝒆, 𝒂𝒎é𝒏𝒂𝒈𝒆𝒎𝒆𝒏𝒕 𝒆𝒕 𝒈𝒆𝒏𝒊𝒖𝒔 𝒍𝒐𝒄𝒊. 

Lynn Kodeih est née à Beyrouth et réside à Tiohtià:ke/Mooniyang/Montréal depuis 2020. Son travail se consacre aux politiques de l’image et s’intéresse aux notions d’espace, de frontière, d’errance et d’appartenance dans un monde colonial et postcolonial. Sa pratique est à la croisée de l’autothéorie, de la vidéo et de l’installation. Kodeih est titulaire d’une licence en études littéraires, d’un DES et d’une maîtrise en théâtre et en performance (Beyrouth, Liban). Son travail a été présenté dans le cadre de plusieurs expositions collectives à l’international, en l’occurrence à Kunstbanken Performance Festival (Norvège), Rotterdam Film Festival (Pays-Bas), Transart Triennial (Berlin, Allemagne), Homeworks — Ashkal Alwan, Beirut Art Center et Beirut Art Fair (Liban).